Abus de biens sociaux : L'ancien entrepreneur lyonnais Pierre Botton en semi-liberté fin novembre

PEINE ALLEGEE En novembre 2020, la peine de cinq ans de prison à l’encontre de l’ex-homme d’affaires lyonnais avait été réduite à trois ans ferme, avec une interdiction définitive de gérer une société

J.Lau. avec AFP
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Pierre Botton, ici en 2016 devant le centre pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne).
Pierre Botton, ici en 2016 devant le centre pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne). — JEROME MARS/JDD/SIPA

Pierre Botton va pouvoir sortir de prison dans deux semaines. L’ancien homme d’affaires lyonnais, condamné pour avoir floué son association d’aide aux détenus et détourné de l’argent de ses sociétés, sera en effet sous le régime de la semi-liberté, a-t-on appris lundi de source judiciaire. Près de 25 ans après avoir été incarcéré dans une affaire d’abus de biens sociaux associée à son nom, il avait été à nouveau condamné, le 2 juin 2020, à cinq ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende, notamment pour cette même infraction.

Il avait fait appel mais le tribunal avait ordonné son incarcération immédiate. En novembre 2020, sa peine avait été allégée à trois ans de prison ferme, avec une interdiction définitive de gérer une société. En juin dernier, un juge d’application des peines a rejeté sa demande d’aménagement. Mais le 21 octobre, la cour d’appel de Paris a autorisé l’admission de Pierre Botton (66 ans) au régime de la semi-liberté à partir du 22 novembre.

« Cette décision va aider M. Botton à retrouver la bonne voie »

« Je me satisfais de cette décision qui va dans le très bon sens et va aider M. Botton à retrouver la bonne voie », a réagi son avocat Me Hervé Temime. Directeur de campagne et gendre de Michel Noir, ancien ministre RPR et maire de Lyon, Pierre Botton avait été impliqué dans une retentissante affaire politico-financière dans les années 1990.

En 1996, il avait été condamné pour abus de biens sociaux et banqueroute à cinq ans de prison dont 18 mois avec sursis. En tout, il passera 602 jours en détention. Il sera ensuite condamné dans d’autres affaires. Quelques années plus tard, se disant transformé par cette expérience carcérale, il avait fondé une association (« Les prisons du cœur » puis « Ensemble contre la récidive ») visant à améliorer les conditions de détention et favoriser la réinsertion des délinquants, devenant un interlocuteur des pouvoirs publics.

Il doit rembourser 1,5 million d’euros à ses anciennes sociétés et à son asso

Mais à la suite d’une enquête ouverte en 2017, il avait été à nouveau renvoyé devant un tribunal. Dans son arrêt de novembre 2020, la cour d’appel a notamment estimé qu’environ 60 % des dons faits à l’association avaient été versés à la société de Pierre Botton, puis utilisés par lui pour ses propres dépenses.

Il a aussi été condamné pour avoir détourné l’argent d’un investisseur suisse via deux autres sociétés. Le placement en semi-liberté de Pierre Botton est assorti d’une obligation de soins et d’une obligation de rembourser environ 1,5 million d’euros à ses anciennes sociétés et à l’association, aujourd’hui dissoute.