Crack à Paris : Au tribunal, lourdes condamnations pour les dealers

STUPEFIANTS Le trafic, d’ampleur, se tenait aux abords des jardins d'Eole, dans le 19e arrondissement

Caroline Politi
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Manifestation de riverains du jardin d'Eole, mardi 18 mai, après la décision de regrouper les fumeurs de crack dans le parc.
Manifestation de riverains du jardin d'Eole, mardi 18 mai, après la décision de regrouper les fumeurs de crack dans le parc. — Erez Lichtfeld/SIPA

« C’est probablement l’une des peines les plus lourdes jamais prononcées en matière de trafic de crack », souffle une source judiciaire. Vendredi 29 octobre, le tribunal correctionnel de Paris a condamné à sept ans de prison ferme un trafiquant multirécidiviste. Une peine assortie d’un mandat de dépôt et d’une interdiction définitive du territoire. Son complice, qui a été interpellé en possession de 55 grammes de crack, a écopé de trois ans de prison.

Plusieurs semaines de surveillances ont révélé un trafic d’ampleur, principalement aux abords des jardins d'Eole, dans le 19e arrondissement, où vivent de nombreux toxicomanes en déshérence : les policiers ont ainsi dénombré jusqu’à sept transactions en l’espace d’une heure. Au domicile du premier, déjà condamné pour des faits quasiment identiques, les enquêteurs ont découvert 184 grammes de cocaïne et tout le nécessaire pour la fabrication des « galettes ».

500 grammes de crack

« Le problème des saisines de crack, c’est que ce sont systématiquement des petites quantités. 100-200 grammes de crack ça n’a l’air de rien à côté des centaines de kilos de cocaïne ou de cannabis, mais en termes de troubles à l’ordre public, c’est énorme », insiste cette même source. Il ne suffit en effet que de quelques grammes de cocaïne pour fabriquer des galettes. En 2020, moins de 2 kilos de crack ont ainsi été saisis dans la capitale. Un chiffre qui permet de se rendre compte de la nature exceptionnelle d’une autre affaire, jugée le même jour dans le même tribunal.

Un homme a été condamné à cinq ans de prison après la découverte, mi-septembre, à son domicile de 505 grammes de crack, 344 grammes de cocaïne, ainsi que 2.500 euros en liquide et un gilet pare-balles. Autre spécificité de ce dossier : alors que dans la majorité des affaires de ce type, les trafiquants de crack vont au-devant des consommateurs, l’enquête, menée par le 3e district de police judiciaire de Paris, a permis d’établir que lui, dealait depuis son domicile du 18e arrondissement de Paris.