« Un bicot, ça ne nage pas »… Un policier jugé ce jeudi pour injure raciste

PROCES Le prévenu et un de ses collègues ont été sanctionnés par cinq jours d’exclusion ferme en octobre dernier

G. N. avec AFP
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Les propos ont été tenus lors d'une interpellation en avril 2020. (illustration).
Les propos ont été tenus lors d'une interpellation en avril 2020. (illustration). — F.Brenon/20Minutes

« Un bicot comme ça, ça ne nage pas. » Pour cette injure raciste, un policier a rendez-vous ce jeudi 4 novembre au tribunal de Bobigny. Le 26 avril 2020 vers 1h30 du matin, des policiers avaient interpellé à l’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) un homme soupçonné de vol de matériel sur un chantier et qui avait tenté, selon des sources policières, de prendre la fuite en se jetant dans la Seine.

« Un bicot comme ça, ça nage pas », avait déclaré un des policiers selon une vidéo diffusée par le journaliste Taha Bouhafs, et visiblement filmée après que les fonctionnaires ont sorti l’homme du fleuve. « Ha ! ha ! Ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied », pouvait-on également entendre.

Les deux policiers avaient été suspendus huit mois – une mesure conservatoire qui ne correspond pas à une sanction – puis réintégrés en décembre 2020 à leur commissariat. Puis le 14 octobre 2021, ils ont été sanctionnés par cinq jours d’exclusion ferme. Le Directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, qui a assorti cette sanction de 10 jours d’exclusion temporaire de fonction avec sursis, est allé au-delà des recommandations du conseil de discipline de la préfecture de police de Paris qui, en décembre 2020, avait proposé trois jours d’exclusion. Des avocats, dont celui de l’interpellé, Me Arié Alimi, avaient dénoncé la faiblesse de cette recommandation.