Marseille : Prison avec sursis requise contre l’ex-président d’une société nautique jugé pour des propos racistes

CORRECTIONNEL « J’ai dépassé un peu les bornes », s’est défendu Christian Tommasini. L’avocat a plaidé la nullité, ses propos, bien que rendus publics, ayant été tenus lors d’une réunion privée

20 Minutes avec AFP
Dans une salle du tribunal de Marseille. (illustration)
Dans une salle du tribunal de Marseille. (illustration) — BERTRAND LANGLOIS / AFP

« Le racisme, c’est un poison qui s’inocule et consomme à petit feu », a tancé vendredi le procureur qui a requis trois mois de prison avec sursis contre l'ex-président d'un club nautique marseillais ayant proféré des injures racistes lors d’une réunion avec des élus.

« En France, on n’a pas le droit de tenir des propos racistes », a rappelé le procureur Nicolas Ruby réclamant également contre Christian Tommasini 3.000 euros d’amende. Le 22 février, lors d’une réunion d’un conseil portuaire, sous l’égide de la métropole Aix- Marseille-Provence, Christian Tommasini, alors président du club nautique de la Pointe-Rouge, avait dit qu’il serait « le premier à aller faire de la ratonnade ».

Nullité demandée

Selon les révélations du site d’investigation local Marsactu, qui s’était appuyé sur un enregistrement de la réunion apporté à l’enquête, le sexagénaire s’en était également pris en des termes très virulents et péjoratifs à des personnes qu’il qualifiait d'« Arabes » qu’il « faut éradiquer », demandant à la secrétaire sur place de bien noter ses propos. « Mes paroles ont dépassé ma pensée, j’ai fait un amalgame de tout, j’ai dit n’importe quoi. J’ai dépassé un peu les bornes », s’est défendu à la barre le sexagénaire qui a depuis quitté ses fonctions au sein du club.

Si ces propos sont « inacceptables », ils n’ont pas été tenus dans une réunion ouverte au grand public, a plaidé l’avocat du prévenu, maître Jean Boudot, demandant la nullité de la procédure. Le jugement sera rendu le 17 décembre.