Jean-Marie Le Pen relaxé après ses propos sur la « fournée » en 2014

PROCES Jean-Marie Le Pen avait été renvoyé en correctionnelle pour « provocation à la haine raciale » pour ses propos sur la « fournée »

20 Minutes avec AFP
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Jean-Marie Le Pen le 10 janvier 2019.
Jean-Marie Le Pen le 10 janvier 2019. — Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Mis en examen pour « provocation à la haine raciale » pour ses propos sur la « fournée » en 2014, l’ancien président du Front national (FN), Jean-Marie Le Pen, a été relaxé, ce vendredi, par le tribunal correctionnel de Paris.

En juin 2014, dans une vidéo diffusée sur le site du FN, Jean-Marie Le Pen s’en était pris aux artistes engagés contre son parti, tels que Guy Bedos ou encore Madonna. Alors qu’on lui avançait le nom de Patrick Bruel, d’origine juive, il avait ajouté : « Ecoutez, on fera une fournée la prochaine fois ! ».

« Un bon mot face à un auditoire acquis »

Le tribunal a reconnu que les propos de Jean-Marie Le Pen avaient pour cible la communauté juive, car « le mot fournée » renvoyait à « l’image quand bien même symbolique du processus d’extermination systématique des Juifs d’Europe », a expliqué la présidente du tribunal. Cependant, le tribunal a jugé qu’il s’agissait, non pas d’un appel à la discrimination et à la violence, mais d'« une jubilation pour faire un bon mot face à un auditoire acquis » à Jean-Marie Le Pen.

L’ex-candidat à l’élection présidentielle, âgé de 93 ans, n’était pas présent à l’énoncé du jugement. Mais Jean-Marie Le Pen a aussitôt déclaré : « Les faits l’ont emporté sur la malveillance. Je me réjouis que dans cette affaire qui était évidente le tribunal a jugé suivant le droit ». Lors du procès, le ministère public avait considéré que les propos de Jean-Marie Le Pen constituaient une « grave faute morale », mais n’avait pas présenté de réquisitions. Son coprévenu Jean-François Jalkh, ex-directeur de publication du site Internet du FN, a lui aussi été relaxé.

Le fondateur du FN exclu en 2015

Ces propos avaient à l’époque déclenché une pluie de condamnations et semé la discorde au sein du FN. Sa fille Marine Le Pen, alors présidente du FN, avait décrit « une faute politique ». Le cofondateur du parti avait été exclu du mouvement à l’été 2015, avant d’être déchu de sa présidence d’honneur au congrès de mars 2018.

Jean-Marie Le Pen a plusieurs fois été condamné par la justice. En 1993, il s’était vu infliger une amende pour son jeu de mots de 1988, « Durafour crématoire », visant le ministre de la Fonction publique de l’époque, Michel Durafour. Il avait également été condamné pour « contestation de crime contre l’humanité », quand il avait qualifié à plusieurs reprises les chambres à gaz de « point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ».