Alain Soral : L’essayiste définitivement condamné pour contestation de crimes contre l’humanité

PROCES Alain Soral s’était pourvu en cassation après sa condamnation par la cour d’appel de Paris en juin 2020 à 5.000 euros de jours-amendes

20 Minutes avec AFP
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Alain Soral, lors d'une conférence de presse le 4 juin 2009, à Paris.
Alain Soral, lors d'une conférence de presse le 4 juin 2009, à Paris. — BORIS HORVAT / AFP

Après le rejet de son pourvoi en cassation, l’essayiste d’extrême droite, Alain Soral, a été définitivement condamné pour contestation de la Shoah, selon un arrêt consulté ce mardi.

Alain Bonnet dit Soral, 63 ans, avait été condamné le 25 juin 2020 par la cour d’appel de Paris à 5.000 euros de jours-amendes, une amende pouvant se transformer en détention en cas de non-paiement, pour avoir publié des conclusions de son avocat dans une autre affaire, qui « minimisent et banalisent les souffrances des victimes et leurs conditions de vie dans les camps » de concentration.

« Shoah où t’es ? »

La Cour de cassation a annulé cette décision mais seulement en ce qui concerne la constitution de partie civile d’une association, ce qui rend la peine définitive, selon un arrêt du 19 octobre. Aux sources du dossier se trouve une autre affaire : en 2016, le site d’Alain Soral avait publié un dessin représentant, sur une fausse Une titrée « Chutzpah Hebdo », le visage de Charlie Chaplin devant l’étoile de David, avec la question « Shoah où t’es ? », référence à la Une polémique de Charlie Hebdo après les attentats de Bruxelles, « Papa où t’es ? ».

Pour cette publication négationniste, Soral a été définitivement condamné à 10.000 euros de jours-amendes. En novembre 2017, le même site avait publié les conclusions de son avocat Damien Viguier dans l’affaire « Shoah où t’es ? ». Il y citait par exemple le négationniste Robert Faurisson et commentait les amoncellements de chaussures et cheveux dans les mémoriaux de la Shoah.

Alain Soral condamné une vingtaine de fois

Pour cette seconde publication, le tribunal correctionnel avait condamné Alain Soral à un an ferme en avril 2019, en assortissant cette peine d’un mandat d’arrêt, tout en condamnant Damien Viguier à 5.000 euros d’amende pour complicité. Le parquet avait cependant décidé de ne pas exécuter le mandat d’arrêt et d’en faire appel, estimant que le tribunal ne pouvait pas délivrer un tel mandat pour une condamnation au titre de la loi de 1881 sur la liberté de la presse.

En appel, Damien Viguier avait été relaxé et la peine d’Alain Soral considérablement allégée. Le prévenu et quatre associations parties civiles avaient formé un pourvoi en cassation. Alain Soral a déjà été condamné à une vingtaine de reprises, en grande partie pour des infractions de provocation à la haine, diffamation et injure antisémite. Récemment, en mai, il a été condamné en appel à quatre mois de prison en semi-liberté pour provocation à la haine à raison de la religion, après avoir imputé aux juifs l’incendie de Notre-Dame de Paris.