Montpellier : Un septuagénaire qui se faisait passer pour un playboy jugé pour viols par surprise

PROCES La Cour criminelle départementale de l'Hérault rendra son verdict vendredi

N.B.
— 
Les couloirs de la cour d'assises et de la cour criminelle de l'Hérault (Illustration)
Les couloirs de la cour d'assises et de la cour criminelle de l'Hérault (Illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Un septuagénaire est jugé pour les viols par surprise de plusieurs femmes, jusqu’à vendredi, devant la Cour criminelle départementale de l’Hérault.
  • Ce Niçois est accusé de s’être fait passer sur Internet pour un playboy de 37 ans, architecte d’intérieur, et d’avoir proposé aux victimes un scénario érotique proche de « Cinquante nuances de Grey », les yeux bandés, dans le noir. Mais certaines femmes ont fini par découvrir quel était vraiment leur partenaire, et ont porté plainte.
  • L’accusé, de son côté, réfute les accusations de viols par surprise. Aux enquêteurs, il a toujours indiqué n’avoir menacé, ni forcé personne à quoi que ce soit.

C’est un vieil homme, aux cheveux blancs et à la démarche affaiblie, qui s’est présenté ce lundi devant la Cour criminelle départementale de l'Hérault. Ce septuagénaire, un ancien publicitaire à la retraite, est jugé jusqu’à vendredi, accusé d’avoir violé par surprise plusieurs femmes. Si d’autres potentielles victimes avaient été identifiées par les enquêteurs, trois se sont finalement portées partie civile.

Ce Niçois de 74 ans est soupçonné de s’être présenté à ces femmes, sur des sites de rencontres, comme étant un certain Anthony Laroche, un architecte d’intérieur de 37 ans, à l’allure de playboy, tissant avec elles des relations à distance enflammées. La photo sur ses profils, montrant un prétendant au physique particulièrement avantageux, était en réalité celle d’un mannequin, chipée sur un site de vêtements.

« Je n’ai jamais donné mon consentement à cet homme, je l’ai donné à Anthony Laroche »

Jusqu’à la rencontre, en chair et en os. Là, toutes les plaignantes ont raconté à peu près la même histoire. L’homme aurait refusé de les voir dans un lieu public, leur proposant plutôt une première rencontre à son domicile, dans un scénario érotique proche de Cinquante nuances de Grey. L’une d’elles a expliqué aux enquêteurs avoir eu avec l’accusé une relation sexuelle, les yeux bandés. Il lui avait, a-t-elle indiqué, interdit de le toucher, ou d’enlever le bandeau de ses yeux. Mais elle a fini, comme d’autres, par découvrir quel était vraiment son partenaire, un homme bedonnant, à la peau fripée, selon le rapport d’enquête. À chaque fois, le même mode opératoire se répétait.

Selon Mohamed Maktouf, l’avocat des parties civiles, l’homme a manipulé les victimes « en mentant sur son identité, en mettant une fausse photo sur son profil, en disant des choses qui ne sont pas vraies, en mettant en place un stratagème, pour arriver à ses fins ». Selon Samia Maktouf, avocate, elle aussi, des victimes, l’accusé a « choisi ses proies. L’une d’elles nous a dit qu’elle aurait pu sauter dans le vide, s’il lui avait demandé. Et lorsque l’on est sous emprise, il n’y a pas de consentement ». « Je n’ai jamais donné mon consentement à cet homme-là, je l’ai donné à Anthony Laroche », a dit l’une des victimes, lors de son audition par les enquêteurs.

« Pour lui, il s’agissait d’un scénario érotique consenti »

L’accusé, lui, réfute les accusations de viols par surprise. Aux enquêteurs, il a toujours indiqué n’avoir menacé, ni forcé personne à quoi que ce soit. « Pour lui, il s’agissait d’un scénario érotique consenti, confie Laurent Poumarède, l’avocat de l’accusé. Il conteste les faits qui lui sont reprochés. » Voilà de nombreuses années que cette affaire divise la justice : en 2017, elle avait ordonné le renvoi de l’accusé devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes. Mais après un appel de la défense, la Cour d’appel avait conduit à l’arrêt des poursuites. Une décision finalement cassée par la Cour de cassation, qui a permis de traduire le septuagénaire devant la justice, cette semaine, à Montpellier.

La Cour criminelle départementale de l’Hérault rendra son verdict vendredi. Ce sera la première fois en France qu’une telle juridiction statuera sur un viol par surprise.