Haute-Saône : Un couple mis en examen pour complicité d’assassinat d’un étudiant tué pour de la cryptomonnaie

ENQUETE Le jeune homme de 19 ans détenait 200.000 euros de monnaie virtuelle, dont des bitcoins

M.F avec AFP
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La victime avait révélé à son compagnon avoir amassé beaucoup d'argent en cryptomonnaie. (Illustration)
La victime avait révélé à son compagnon avoir amassé beaucoup d'argent en cryptomonnaie. (Illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA

L’enquête sur le terrible meurtre d’un étudiant de 19 ans en août en  Haute-Saône progresse. Un homme et une femme ont été mis en examen pour « complicité d’assassinat » et placés en détention vendredi, a annoncé le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux. Ils ont reconnu avoir été informés du projet de trois de leurs proches – déjà mis en examen et écroués pour « assassinat » en août dernier – de tuer la victime, a précisé lors d’une conférence de presse le procureur.

Le 18 août, le corps de l’étudiant, originaire de Tours, avait été retrouvé dans un étang à Planche-Bas, petite commune située dans l’est de la Haute-Saône. L’autopsie a révélé plus d’une vingtaine de coups de couteau au niveau du cou et du torse, dont aucun n’a été mortel, ce qui permet d’envisager « une séance de torture », selon le magistrat. L’étudiant est finalement mort noyé après avoir été jeté dans l’étang, encore agonisant.

« Personne n’assume avoir donné les coups de couteau »

D’après les investigations de la section de recherches de la gendarmerie de Besançon, ce passionné d’informatique avait « créé un logiciel pour boursicoter dans le domaine des cryptomonnaies », a précisé le commandant Yves Raguin. Il avait révélé à son compagnon, un homme de 32 ans domicilié à Montbéliard (Doubs), avoir amassé environ 200.000 euros en cryptomonnaie, dont des bitcoins. Ce dernier en avait informé son frère jumeau et sa femme, domiciliés en Haute-Saône, qui hébergeaient deux jeunes de leur famille à la personnalité fragile, âgés de 18 et 23 ans.

Lors de la découverte du cadavre, le compagnon trentenaire avait d’abord déclaré aux gendarmes avoir été la cible, avec l’étudiant, d’une agression homophobe, avant d’admettre lors de sa garde à vue avoir participé à l’assassinat, avec les deux jeunes de 18 et de 23 ans. Le trio a reconnu son implication, « même si personne n’assume avoir donné les coups de couteau », a souligné le procureur. Et les suspects ont finalement révélé que le frère jumeau et sa femme les avaient aidés à préparer le crime.

Ces cinq individus aux revenus modestes avaient déjà déterminé la répartition du butin à venir. Ils auraient par ailleurs fomenté une première tentative d’assassinat qui a échoué la veille du crime. Ils étaient connus de la justice pour des délits mineurs et la femme du groupe, qui avait ouvert un compte en ligne avant l’assassinat, a déjà été condamnée pour des escroqueries, selon Etienne Manteaux.