Les infractions de traite et d'exploitation des êtres humains ont augmenté de 31% entre 2016 et 2019 en France

PROXENETISME Pour la première fois, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publie une étude portant sur cette thématique

20 Minutes avec AFP
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Boulevard de Strasbourg, à Paris.
Boulevard de Strasbourg, à Paris. — Michel Setboun/SIPA

Les infractions de traite et d’exploitation des êtres humains enregistrées en France ont augmenté de 31 % entre 2016 et 2019, soit avant la période particulière de crise sanitaire, a indiqué vendredi un service dépendant du ministère de l'Intérieur.

Pour la première fois, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publie une étude portant sur cette thématique. En 2019, 933 procédures pour traite ou exploitation d’êtres humains ont été ouvertes par les services de police et de gendarmerie, contre 710 en 2016. En revanche, « en 2020, dans le contexte particulier de la crise sanitaire, les nombres de procédures, victimes, mis en cause et personnes poursuivies et condamnées ont baissé ».

De plus en plus de victimes mineures

Le nombre de procédures a diminué l’an dernier à 772, « probablement en lien avec la crise sanitaire et les différents confinements », suggère le SSMSI dans son analyse. Le proxénétisme représente plus de la moitié des procédures ouvertes.

Le service souligne que la part de victimes mineures de proxénétisme a augmenté en l’espace de quatre ans, passant de 12 % à 33 % entre 2016 et 2020. « Depuis 2018, le phénomène de l’exploitation sexuelle de personnes mineures ou jeunes majeures de nationalité française augmente », relève notamment l’étude. « Cela correspond à la hausse du phénomène d’exploitation sexuelle de jeunes filles françaises constatée depuis 2017 par les forces de l’ordre et la société civile », selon ce document.

Les dépôts de plaintes encore minoritaires

Le nombre de condamnations pour des infractions de traite et d’exploitation des êtres humains a lui aussi progressé : 993 personnes ont été condamnées pour traite ou exploitation d’êtres humains en 2019, 46 % de plus qu’en 2016.

Mais « les données enregistrées par les institutions ne reflètent que la partie visible de la traite et l’exploitation des êtres humains », nuance le SSMSI. Selon une enquête sur les victimes de traite citée par l’analyse ministérielle, « en 2020, seules 28 % des victimes accompagnées par les associations ont déposé plainte ».