Saint-Nazaire: Des dockers condamnés à de lourdes peines pour trafic de cocaïne

TRAFIC Sept hommes ont été jugés coupables par le tribunal correctionnel de Rennes

C.A. avec AFP
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Illustration d'un déchargement de marchandises au port de Montoir-de-Bretagne.
Illustration d'un déchargement de marchandises au port de Montoir-de-Bretagne. — Frank Perry/AFP

Ils étaient sept à comparaître devant le tribunal correctionnel de Rennes (Ille-et-Vilaine). Tous ont été reconnus coupables et ont écopé de lourdes peines de quatre à dix ans d’emprisonnement. Leur tort ? Avoir participé à l’importation et au trafic de cocaïne via le port de Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). La drogue était acheminée dans des conteneurs depuis les Antilles pour un montant estimé à la revente de « plus de 16 millions d’euros », selon le procureur de la République. Parmi les sept mis en cause, deux sont dockers au port situé sur les bords de Loire, où 336 kilogrammes de cocaïne avaient été découverts.

Damien L., un docker de 35 ans, a été condamné à sept ans de prison. « Je trouve la condamnation extrêmement sévère pour quelqu’un qui est primo-délinquant et qui n’a pas de casier judiciaire », a réagi auprès son avocat Me Fathi Benbrahim, évoquant la possibilité de faire appel. Un second docker, Joël L., 48 ans, a lui été condamné à quatre années de prison, dont deux avec sursis.

Qui étaient les mystérieux clients parisiens ?

La peine la plus lourde a été prononcée à l’encontre de l’un des expéditeurs antillais, déjà plusieurs fois condamné à des peines de prison, qui a écopé de dix ans. Trois intermédiaires, « trait d’union » entre les dockers et de mystérieux commanditaires parisiens qui n'ont pas pu être identifiés, ont eu des peines comprises entre quatre et six ans de prison.

L’enquête avait commencé en mai 2017 après la saisie dans le port de Santos (Brésil) de 690 kg de cocaïne dans un conteneur frigorifique à destination de Montoir-de-Bretagne. Selon les enquêteurs, la marchandise était importée par la technique du « rip-off », qui consiste à récupérer la drogue placée dans un conteneur à l’ouverture des portes. Les dockers récupéraient la cocaïne à son arrivée à Montoir, en replaçant un plomb contrefait sur le conteneur qui avait été ouvert. Les marchandises étaient remises à des intermédiaires près du port. Trois autres mis en cause seront jugés ultérieurement.