Affaire Sophie Le Tan : Jean-Marc Reiser conteste son renvoi pour « assassinat »

ASSISES Le meutrier présumé de l'étudiante strasbourgeoise se pourvoie en cassation

T.G. avec AFP
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Dans la rue Perle, devant l'immeuble où vivait le principal suspect dans la disparition de Sophie Le Tan. Schiltigheim le 10 octobre 2018.
Dans la rue Perle, devant l'immeuble où vivait le principal suspect dans la disparition de Sophie Le Tan. Schiltigheim le 10 octobre 2018. — G. Varela / 20 Minutes
  • Jean-Marc Reiser, qui a avoué avoir tué Sophie Le Tan, réfute la préméditation. Il conteste donc son renvoi aux assises pour « assassinat ».
  • « M. Reiser est en complet désaccord avec la qualification des faits : on lui reproche d’avoir commis un homicide volontaire avec préméditation, mais il a expliqué qu’il n’a nullement prémédité » son geste, a expliqué son avocat Me Metzger.
  • Sophie Le Tan avait disparu le 7 septembre 2018, jour de ses 20 ans, alors qu’elle se rendait à Schiltigheim, au nord de Strasbourg, pour visiter un appartement.

Jean-Marc Reiser sera-t-il jugé pour meurtre ou assassinat ? L’homme qui a reconnu avoir tué en 2018 l’étudiante strasbourgeoise Sophie Le Tan, a décidé de se pourvoir en cassation contre son renvoi aux assises pour « assassinat ». Il conteste donc la préméditation et réfute l’assassinat, a-t-on appris jeudi auprès de son avocat.

« M. Reiser a formé un pourvoi en cassation contre l’arrêt de la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Colmar du 14 octobre dernier », a déclaré son avocat, Me Francis Metzger, confirmant une information de France 3. « M. Reiser est en complet désaccord avec la qualification des faits : on lui reproche d’avoir commis un homicide volontaire avec préméditation, mais il a expliqué qu’il n’a nullement prémédité » son geste, a complété le conseil. Selon Me Metzger, la Cour de cassation devrait se prononcer sur ce pourvoi dans un délai « d’environ six mois ».

Sophie Le Tan avait disparu le 7 septembre 2018, jour de ses 20 ans, alors qu’elle se rendait à Schiltigheim, au nord de Strasbourg, pour visiter un appartement. Auteur de la petite annonce immobilière, Jean-Marc Reiser, désormais âgé de 61 ans, avait été arrêté quelques jours plus tard, alors que des traces de sang volontairement effacées avaient été retrouvées dans son appartement, ainsi que l’ADN de l’étudiante sur une scie dans sa cave. Le squelette incomplet de Sophie Le Tan avait été retrouvé en forêt en octobre 2019.

Seul suspect dans cette affaire, Jean-Marc Reiser avait été mis en examen pour enlèvement, séquestration et assassinat, malgré ses dénégations répétées. Ce n’est qu’en janvier, quelques semaines après la clôture de l’instruction, que Reiser a cessé de nier sa responsabilité et avoué le meurtre, au cours d’une ultime audition qu’il avait lui-même sollicitée devant la juge d’instruction, après que ses avocats eurent menacé de le lâcher. Il avait alors affirmé, selon les mots d’un de ses avocats, « être entré dans une phase de rage » alors que la jeune femme repoussait ses avances.

A l’issue de l’instruction, il avait été renvoyé devant les assises pour « assassinat en récidive criminelle ». Les charges d’enlèvement et séquestration n’avaient pas été retenues, conformément aux réquisitions du parquet. S’il est jugé pour assassinat, Jean-Marc Reiser encourt la réclusion à perpétuité.

Il avait déjà été condamné en 2001 par les assises du Doubs à 15 ans de réclusion pour des viols commis en 1995 et 1996, une peine confirmée en appel en 2003.