Rennes : Des peines de 4 à 10 ans requises dans une vaste affaire de trafic de cocaïne

DROGUE Plusieurs dockers et expéditeurs sont jugés depuis lundi pour avoir importé plusieurs centaines de kilos de cocaïne depuis les Antilles.

20 Minutes avec AFP
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Illustration d'une découverte de cocaïne dans un cargo.
Illustration d'une découverte de cocaïne dans un cargo. — Mark Amato / SIPA

Les réquisitions de la procureure de la République adjointe sont lourdes. A la hauteur de cette « affaire d’ampleur », selon elle. Quatre dockers, cinq intermédiaires et deux expéditeurs sont jugés depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Rennes pour une vaste affaire de trafic de cocaïne démantelé au port de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique). Des peines allant de quatre à dix années de prison ont été requises ce mercredi à l’encontre des accusés.

Le ministère public a demandé à l’encontre de l’un des expéditeurs antillais, dix années de prison, considérant que l’homme était impliqué « par un implacable faisceau d’indices ». Le prévenu, déjà quatre fois condamné à des peines lourdes, a un « train de vie disproportionné par rapport à ses revenus », avec « sept comptes bancaires et aucun emploi déclaré », a souligné la procureure Flavie Le Sueur. Un autre Antillais, « escroc touche à tout », condamné pour des délits moins graves, s’est vu requérir cinq années d’emprisonnement.

Les commanditaires n’ont pas pu être identifiés

Concernant les dockers, la procureure a eu des mots durs à leur encontre, jugeant qu’ils avaient fait « un choix de vie » en se livrant au trafic de cocaïne, guidés par l’appât du gain et un « sentiment de toute-puissance » alors qu’ils exercent une profession bien rémunérée. Aussi, huit ans d’emprisonnement ont été requis pour l’un d’entre eux, âgé de 35 ans et présentant un casier vierge. Ce dernier devait récupérer 100.000 euros pour un « rip off », technique consistant à récupérer la drogue placée dans un conteneur à l’ouverture des portes. « Ce sont des réquisitions trop sévères. Ça lui est arrivé une fois et il regrette profondément, il a eu un manque de réflexion », a expliqué son avocat, Me Fathi Benbrahim.

Quatre ans, dont deux avec sursis, ont été demandés pour un autre docker, seul prévenu à comparaître libre. Enfin, pour les trois intermédiaires, « trait d’union » entre les dockers et de mystérieux commanditaires parisiens qui n’ont pas pu être identifiés, des peines comprises entre cinq et six ans ont été demandées. Le jugement est attendu jeudi.