Accusations de viols de mineure : Jean-Michel Baylet confronté à la plaignante pour des faits qu’il conteste

ENQUETE L’ancien ministre PRG a passé cinq heures au siège de la police judiciaire parisienne pour répondre des accusations de viols sur une mineure au début des années 1980

20 Minutes avec AFP
— 
Jean-Michel Baylet, à la Grande-Motte le 29 septembre 2020 (illustration).
Jean-Michel Baylet, à la Grande-Motte le 29 septembre 2020 (illustration). — Alain ROBERT

Durant cinq heures, Jean-Michel Baylet a dû une nouvelle fois s’expliquer devant les enquêteurs. L’ancien ministre issu du Parti radical de gauche (PRG) a été confronté mardi, au siège de la police judiciaire parisienne, à la femme qui l’accuse de l’avoir violée à partir de ses 12 ans, ce qu’il conteste.

A la sortie de la confrontation à la Brigade de protection des mineurs, l’élu a estimé que la confrontation s’était « bien » passée. « J’en ressors comme je suis rentré, libre comme l’air ». Cette confrontation « sous le régime de l’audition libre (…) a permis de souligner les invraisemblances et incohérences du récit d’une plaignante qui vise des événements qui se seraient déroulés il y a plus de 41 ans », a assuré dans un communiqué son avocat Me Thierry Carrère.

Un homme « puissant »

Aujourd’hui quinquagénaire, Nathalie Collin, fille de l’ancien sénateur PRG Yvon Collin, accuse le patron de La Dépêche du Midi de l’avoir violée entre ses 12 ans et ses 14 ans, au début des années 1980. Son père est un ancien ami de longue date de Jean-Michel Baylet mais ils sont désormais brouillés.

Selon l’avocate de la plaignante, Me Zoé Royau, Jean-Michel Baylet « n’a pas reconnu les faits dénoncés par (sa cliente) – mais ça on s’y attendait, en revanche elle a pu dire tout ce qu’elle avait besoin de lui dire (…) et qu’elle a retenu pendant ces années ». « C’est courageux de porter plainte contre cet homme qu’elle désigne à raison comme puissant. C’était pas simple pour elle de faire ça, de se confronter aux faits qu’elle avait subis », a-t-elle ajouté à l’issue de la confrontation, accompagnée par la plaignante. D’après l’avocate, il « a maintenu ses contestations en contournant parfois des questions qui pouvaient être gênantes (…), en faisant appel pour certains souvenirs à une absence de souvenir, de mémoire, car les faits étaient très anciens ».

Ministre sous Mitterrand et Hollande

Sur la dénonciation de Nathalie Collin, le parquet de Paris avait ouvert le 9 juin 2020 une enquête pour « viols » et « agressions sexuelles » sur mineur de moins de 15 ans. Jean-Michel Baylet avait été entendu en audition libre fin février par les policiers. La confrontation de mardi pourrait annoncer une décision imminente du parquet qui devrait être, selon des sources proches du dossier, un classement pour cause de prescription, au vu de l’ancienneté des faits dénoncés.

L’ancien président du PRG (1996-2016) et ex-sénateur a participé à quatre reprises à des gouvernements de gauche sous la présidence de François Mitterrand puis de François Hollande, pour lequel il a été ministre de l’Aménagement du Territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales. Jean-Michel Baylet est également un des propriétaires et le président du groupe de presse La Dépêche du Midi, et est vice-président de l’Alliance de la presse d’information générale. Actuel maire de Valence-d’Agen (Tarn-et-Garonne), il a été réélu au conseil départemental de Tarn-et-Garonne mais a décidé de laisser la présidence du département.