Gilbert Collard et Wallerand de Saint-Just condamnés pour diffamation envers Xavier Niel

FAUSSE RUMEUR L’eurodéputé RN avait affirmé à tort que Xavier Niel avait été condamné pour proxénétisme aggravé

G. N. avec AFP
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Gilbert Collard, ici, le 17 octobre 2021, a été condamné pour diffamation.
Gilbert Collard, ici, le 17 octobre 2021, a été condamné pour diffamation. — SOPA Images/SIPA

Gilbert Collard et Wallerand de Saint-Just ont été condamnés mardi pour diffamation envers le patron d’Iliad et milliardaire Xavier Niel, pour avoir relayé à tort que le patron de Free avait été condamné pour proxénétisme aggravé. Lors de la dernière campagne présidentielle, en mars 2017, Gilbert Collard, alors député RN du Gard, avait affirmé sur France Bleu que le principal adversaire de Marine Le Pen était « BFM-Macron », « tous les organes de presse qui sont entre les mains » de grands patrons, citant Xavier Niel en exemple. Et lançant alors, à tort, que ce dernier avait été condamné pour proxénétisme aggravé. L’actuel eurodéputé RN avait ensuite publié les extraits sur ses réseaux sociaux et son site Internet. Wallerand de Saint-Just, conseiller régional RN d’ Ile-de-France, avait fait de même sur le site du parti dont il était le codirecteur.

La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris les a condamnés à verser, chacun, 1.000 euros de dommages et intérêts à Xavier Niel. Gilbert Collard est condamné à 800 euros d’amende, Wallerand de Saint-Just à 500 euros d’amende avec sursis. Le tribunal a estimé que les propos incriminés étaient faux, diffamatoires et portaient atteinte à l’honneur de Xavier Niel, et que Gilbert Collard n’avait fait preuve d’aucune pondération.

Des avocats pas très réglos

Me Jean-Marc Descoubès, avocat de Gilbert Collard, qui va faire appel, a réagi : « Les condamnations ne sont pas très élevées, mais nous considérons que le tribunal aurait dû retenir l’excuse de la bonne foi ». Il a assuré en défense de Gilbert Collard que « dans son esprit, Xavier Niel avait été condamné ». « C’est une gifle pour M. Niel vu la faiblesse des condamnations », a pour sa part estimé Wallerand de Saint-Just. Le tribunal a relevé que les deux prévenus, tous deux avocats, ne pouvaient avoir confondu de bonne foi « mise en examen » et « détention provisoire » d’une part, et « condamnation » d’autre part.

En 2004, alors qu’il avait investi dans des sex shops, Xavier Niel avait été soupçonné de « proxénétisme » et de « recel d’abus de bien sociaux ». Mis en examen, il avait passé un mois en détention provisoire. Finalement blanchi du chef de « proxénétisme », il avait été condamné en 2006 à deux ans de prison avec sursis et 250.000 euros d’amende pour « recel d’abus de bien sociaux ».