Bugaled Breizh : « Trop de preuves à examiner »… La justice anglaise retarde sa décision

NAUFRAGE En janvier 2004, cinq marins avaient péri dans le mystérieux naufrage du chalutier de Loctudy au large des côtes anglaises

C.A. avec AFP
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L'épave du Bugaled Breizh remorquée jusqu'au port de Brest le 13 juillet 2004.
L'épave du Bugaled Breizh remorquée jusqu'au port de Brest le 13 juillet 2004. — Fred Tanneau/AFP

Il estime avoir « trop de preuves à examiner » et être dans l’incapacité de rendre ses conclusions ce vendredi comme il l’avait initialement prévu. Preuve que l’épineux dossier du naufrage du Bugaled Breizh n’a pas encore livré toutes ses vérités. Nigel Lickley, le juge britannique siégeant depuis le 4 octobre à la Haute Cour de Londres pour examiner les conditions de cet accident, a préféré ajourner sa décision. Une audience est prévue jeudi pour déterminer une nouvelle date.

Depuis deux semaines, la justice anglaise examine les conditions du naufrage de ce chalutier breton immatriculé à Loctudy (Finistère), emporté vers le fond en seulement 37 secondes alors qu’il pêchait au large des côtes sud de l’Angleterre. Les cinq marins qui se trouvaient à bord avaient péri dans ce naufrage toujours inexpliqué.

Après près de trois semaines d’audiences, l’hypothèse de l’accrochage avec un sous-marin militaire, privilégiée par les familles des victimes, s’est éloignée au profit de celle d’un accident avec l’équipement de pêche ayant agrippé le fond, défendue par un expert à l’audience. « Il y a beaucoup de preuves à examiner », a déclaré le juge Nigel Lickley à l’audience. « Je ne pense donc pas qu’il soit faisable pour moi de rendre ma décision cette semaine. » Une nouvelle date sera discutée lors d’une audience prévue jeudi.

Un sous-marin anglais soupçonné par les familles

La présence de trois sous-marins (le néerlandais Dolfijn, l’allemand U22 et le britannique Torbay) a été certifiée dans la zone, alors que devaient s’y dérouler ou se préparaient des exercices militaires. Mais les soupçons des familles se portent sur un autre sous-marin, le britannique Turbulent. Devant la Haute Cour, la Marine néerlandaise et la Royal Navy ont exclu toute implication, cette dernière soulignant que le Turbulent était à quai à Devonport le jour du naufrage.

La justice française, au terme de longues années d’investigations clôturées en 2016, n’avait pu trancher entre l’hypothèse d’un sous-marin et celle d’un accident de pêche. Avant d’être rouverte, la procédure lancée en Angleterre en raison des deux corps repêchés dans les eaux britanniques avait été suspendue pour donner la préséance à la justice française.