Une centaine de victimes d’un trafic de voitures volées entre Lille et Bordeaux

ENQUÊTE Une enquête des polices judiciaires de Lille et de Bordeaux à permis le démantèlement d'un trafic de véhicules et l'interpellation d'une dizaines de personnes

Mikaël Libert
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Illustration d'agents de la police judiciaire.
Illustration d'agents de la police judiciaire. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un trafic de voitures volées entre Lille et Bordeaux a été démantelé.
  • Le réseau était dirigé depuis Lille par deux femmes.
  • La revente de ces voitures volées a fait une centaine de victimes dans le Bordelais.

En à peine un mois et demi, les investigations menées par le parquet de Lille ont permis le démantèlement d’une bande de malfaiteurs qui trafiquaient des véhicules volés entre Lille et Bordeaux. Les policiers ont déjà recensé une centaine de victimes de ce réseau.

Courant août dernier, le parquet de Lille a eu vent du témoignage d’un habitant d’une « commune de la métropole lilloise », lequel s’inquiétait d’un ballet incessant de voitures de forte cylindrée sur le parking de sa résidence. Des investigations ont rapidement été lancées et les surveillances ont permis de découvrir le pot aux roses.

Un réseau très structuré dirigé par deux femmes

Les fonctionnaires de la police judiciaire ont déterminé que deux femmes se trouvaient à la tête d’une « organisation très structurée d’envergure nationale », explique la procureure de Lille, Carole Etienne. Ces femmes organisaient les vols de véhicules et dirigeaient les opérations logistiques. Les vols en eux-mêmes étaient réalisés par une autre équipe employée par les deux femmes. Au cours des deux mois de l’enquête, ces vols étaient quotidiens, précise le parquet.

Une troisième équipe, composée de deux hommes, disposait de hangars dans le Nord et le Pas-de-Calais où étaient stockés et maquillés les véhicules volés. Une fois le travail effectué, une grande partie des voitures partait en région bordelaise pour être revendue à des particuliers. Selon le parquet, une centaine de victimes a déjà été dénombrée pour un préjudice estimé à 1,6 million d’euros. L’argent était ensuite blanchi dans des structures mises à disposition par une troisième femme.

Lundi dernier, les policiers de Bordeaux et de Lille ont mené des actions simultanées d’interpellations au cours desquelles 11 suspects ont été arrêtés. Tous ont été déférés devant le parquet, vendredi, puis mis en examen par un juge d’instruction, notamment pour des chefs de vol en bande organisée et association de malfaiteurs. Cinq d’entre eux ont été placés en détention provisoire et quatre sous contrôle judiciaire.