Affaire Hélène Pastor : Le procès en appel redémarre avec, en toile de fond, de nouvelles tensions familiales

ASSASSINAT Wojciech Janowski, le gendre de la riche femme d’affaires monégasque tuée à Nice en 2014, est accusé d’avoir commandité le crime

Fabien Binacchi
— 
Reconstitution de l'assassinat d'Hélène Pastor, le 22 avril 2015, devant l'hôpital L'Archet, à Nice
Reconstitution de l'assassinat d'Hélène Pastor, le 22 avril 2015, devant l'hôpital L'Archet, à Nice — J.-A. Gallien-Lamarche / ANP / 20 Minutes
  • L’ex-gendre d’Hélène Pastor et commanditaire présumé de l’assassinat condamné à perpétuité en 2018 plaidera « non coupable » lors de ce procès en appel.
  • Remis de deux AVC qui l’avaient tenu éloigné en première instance, Gildo Pastor, le fils d’Hélène Pastor, s’est interrogé, dans Paris Match et sur le plateau de C à vous jeudi, sur la « duplicité » de sa sœur, ex-compagne de Wojciech Janowski, et « pose la question » de son implication.

Faut-il s’attendre au fin mot de l’histoire ou à l’ouverture d’une toute nouvelle ? La cour d’appel d’Aix-en-Provence réexamine dès ce lundi l’affaire Hélène Pastor, la milliardaire monégasque tuée avec son chauffeur à Nice en 2014.

Le principal accusé, Wojciech Janowski, son gendre et commanditaire présumé de l’assassinat condamné à perpétuité en 2018, plaidera « non coupable », affirme son avocat Jean-Jacques Campana à 20 Minutes. Et il compte bien « pouvoir s’expliquer ».

Le fils d’Hélène Pastor, lui, n’a pas attendu le lancement des débats pour dire « la vérité » qu’il « doit » à sa mère. Remis de deux AVC qui l’avaient tenu éloigné en première instance, Gildo Pastor s’est interrogé, dans Paris Match et sur le plateau de C à vous jeudi, sur la « duplicité » de sa sœur et « pose [même] la question » de son implication.

« Ma mère et ma sœur se disputaient chaque jour »

Selon lui, Helène Pastor « avait peur » de Sylvia Ratkowski-Pastor, qui partagea la vie de Wojciech Janowski. « L’enquête a-t-elle été poussée jusqu’au bout ?, s’interroge-t-il dans le quotidien. Ma mère et ma sœur se disputaient au bureau chaque jour. Ma mère se plaignait d’être une “vache à traire”. Sylvia l’appelait “la vieille”, elle n’en avait que pour son argent. » L’enquête a cependant écarté l’hypothèse d’une complicité de la fille d’Hélène Pastor.

Les deux héritiers de la femme d’affaires se feront en tout cas face. Lui a musclé son équipe d’avocats avec le célèbre pénaliste Thierry Herzog. Elle attend « la confirmation de la vérité telle qu’elle s’est exprimée lors de la première audience », explique à 20 Minutes celui qui la représente Me Dominique Mattei.

La vérité selon laquelle Wojciech Janowski serait donc seul coupable d’avoir commandité l’assassinat ? Malgré ses aveux initiaux, et ceux formulés – puis contestés – par son ancien avocat Eric Dupond-Moretti, l’homme âgé de 72 ans, et en détention provisoire depuis plus de sept ans, compte bien s’en défendre.

Quatre autres protagonistes présumés

Son avocat espère « amener les jurés à se poser des questions sur les éléments matériels du dossier ». Alors que, pour l’accusation, le mobile a toujours été l’argent, « des actes notariés spécifient que rien ne revenait à Janowski », assure Me Jean-Jacques Campana.

Jusqu’au 19 novembre, il sera rejugé aux côtés de quatre autres protagonistes présumés. Trois ont fait appel, dont Pascal Dauriac, le coach sportif que Wojciech Janowski aurait chargé d’organiser les crimes. Un quatrième, acquitté en première instance, comparaît après un appel du parquet général.

Renvoyé de mars 2020 à octobre 2021

Initialement programmé en mars 2020, ce procès en appel avait été une première fois interrompu par le confinement et renvoyé. En novembre dernier, il avait une nouvelle fois été reporté peu après son ouverture, notemment suite à une demande d’un des co-accusés. Wojciech Janowski avait alors réclamé sa remise en liberté faisant notamment valoir le délai déraisonnable de sa détention alors qu’il n’est toujours pas jugé définitivement. Une demande refusée.