Guadeloupe : Pour l’assassinat de sa mère, une adolescente condamnée à quatorze ans de prison

VERDICT La victime, âgée de 48 ans, avait été mortellement blessée d’une balle dans le cou le 6 juillet 2020, alors qu’elle venait de se garer sur le parking d’un centre commercial

20 Minutes avec AFP
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Le fronton d'un palais de justice. (illustration)
Le fronton d'un palais de justice. (illustration) — SICCOLI PATRICK/SIPA

La défense aura en vain plaidé l’acte accidentel. En Guadeloupe, une adolescente de 16 ans a été condamnée samedi soir à Pointe-à-Pitre à quatorze ans de prison pour l’ assassinat de sa mère en juillet 2020 à Baie-Mahault, a-t-on appris dimanche du parquet.

A l’issue d’un procès de quatre jours à huis clos, l’adolescente, âgée de 15 ans au moment des faits, a été condamnée à « quatorze ans de prison », a confirmé Patrick Desjardins, procureur de la République à Pointe-à-Pitre. Devant le tribunal pour enfants statuant en matière criminelle, la vice-procureure Marie-Eve Brunet avait requis quinze ans dans ce « dossier d’une complexité vertigineuse », selon la même source.

La thèse du suicide d’abord envisagée

Le 6 juillet 2020, la victime âgée de 48 ans avait été mortellement blessée d’une balle dans le cou dans sa voiture alors qu’elle venait de se garer sur le parking du centre commercial Destreland à Baie-Mahault, l’un des plus grands centres commerciaux de l’archipel. Les premiers éléments recueillis sur place avaient laissé penser à un suicide mais l’enquête s’était rapidement orientée vers la jeune fille, qui accompagnait sa mère ce jour-là.

Le bâtonnier Roland Ezelin, avocat du père de la victime, partie civile, s’est dit « surpris » de la décision de la justice. « La qualification aurait pu se transformer en homicide involontaire et la peine en être diminuée », selon lui.

La défense compte faire appel

Soulignant le parcours scolaire d'« une jeune fille extrêmement brillante », Me Jenny Morvan, avocate de la défense a annoncé son intention de faire appel. « La décision est excessive dans la mesure où tous les éléments du dossier laissent à croire qu’il s’agit bien d’un accident ».

Mais, de sources concordantes, l’accusation a souligné que l’adolescente avait « essayé » l’arme chez elle avant les faits et avait appelé la sœur de sa mère pour lui dire que cette dernière avait « des idées suicidaires ». Incarcérée depuis les faits, l’adolescente reste en détention.