Alsace : Le rapporteur public demande l’annulation du confinement définitif des déchets dangereux du site de Stocamine

POLLUTION La Cour administrative d’appel de Nancy pourrait décider l’interruption des travaux de confinement des déchets toxiques

L.S. avec AFP
Le site de Stocamine à Wittelsheim (Haut-Rhin).
Le site de Stocamine à Wittelsheim (Haut-Rhin). — Sébastien Bozon

La nouvelle est tombée ce lundi : devant la Cour administrative d’appel de Nancy, le rapporteur public Stéphane Barbaux a demandé l’annulation de l’arrêté préfectoral autorisant les travaux d’enfouissement définitif de déchets toxiques à Stocamine, en Alsace. Un énième rebondissement dans ce dossier sensible.

Le rapporteur a souligné les « insuffisances » de l’étude d’impact et de « justification des capacités financières » de la part des MDPA, la société en charge de l’enfouissement sur le site de Wittelsheim (Haut-Rhin) dans une ancienne mine de potasse. Me Carine Le Roy-Gleizes, avocate des MDPA, a réfuté tout manquement dans l’étude d’impact : « C’est un dossier qui a été étudié et qui a fait intervenir les meilleurs experts internationaux. » La Cour administrative d’appel de Nancy doit rendre son arrêt vendredi et pourrait décider l’interruption du chantier.

Plus de 40.000 tonnes déjà sous terre

A la fin des années 1990, la mine de potasse en fin de vie avait été convertie en décharge industrielle souterraine, en vue d’y stocker 320.000 tonnes de déchets dangereux non radioactifs. En 2002, l’incendie d’un des lieux de stockage avait entraîné l’arrêt de l’apport de déchets, alors que plus de 40.000 tonnes avaient déjà été descendues à 500 mètres sous terre.

En janvier, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a tranché en faveur d'un confinement définitif dans du béton de ce qui est déjà enfoui. Les travaux d’enfouissement devaient commencer à la mi-octobre.