Affaire Geneviève Legay : Le parquet requiert le renvoi du commissaire pour « complicité de violences volontaires »

ENQUETE L’avocat de Rabah Souchi a fait savoir qu’il allait « contester cette position »

20 Minutes avec AFP
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La septuagénaire avait eu plusieurs côtes cassées et des fractures au crâne en étant projetée au sol
La septuagénaire avait eu plusieurs côtes cassées et des fractures au crâne en étant projetée au sol — Claude Paris/AP/SIPA
  • Le parquet de Lyon, où l’affaire Geneviève Legay a été dépaysée, réclame un procès pour le commissaire responsable des opérations de maintien le jour où la septuagénaire a été blessée lors d’une charge des policiers.
  • « Le parquet réalise un numéro d’équilibriste pour poursuivre mon client au titre de la complicité de violences volontaires, sans poursuivre l’auteur principal des soi-disant violences », a réagi l’avocat de Rabah Souchi.

Un procès en vue ? Le parquet de Lyon a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel du commissaire Rabah Souchi, a indiqué son avocat jeudi soir, confirmant une information de Mediapart. Ce commissaire divisionnaire avait ordonné la charge de police durant laquelle Geneviève Legay avait été gravement blessée, en 2019 à Nice.

« Le parquet réalise un numéro d’équilibriste pour poursuivre mon client au titre de la complicité de violences volontaires, sans poursuivre l’auteur principal des soi-disant violences. Nous allons contester cette position », a aussi réagi Me Laurent-Franck Liénard.

Le 23 mars 2019, la militante d’Attac avait eu plusieurs côtes cassées et des fractures au crâne en étant projetée au sol lors d’une charge de policiers ordonnée pour disperser une manifestation interdite de « gilets jaunes ». Le commissaire divisionnaire était le responsable des opérations de maintien de l’ordre ce jour-là à Nice.

« Les donneurs d’ordres devront rendre compte »

Dans son rapport d’enquête, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait jugé la charge disproportionnée en raison d’ordres « inadaptés ». Et le commissaire avait été mis en examen en novembre dans le cadre d’une instruction dépaysée, après une vive polémique autour de l’affaire alimentée par les points de vue contradictoires des autorités.

Le procureur de la République de Nice à l’époque des faits avait d’abord démenti tout contact physique entre la victime et les forces de l’ordre, des propos repris par le président Emmanuel Macron. Après l’exploitation d’images de vidéosurveillance, le magistrat avait reconnu que Geneviève Legay avait été poussée par un policier.

« À l’avenir, les donneurs d’ordres en matière de maintien de l’ordre devront rendre compte des violences policières devant les tribunaux correctionnels. Nous attendons que le ministère de l’Intérieur en tire toutes les conséquences », a commenté jeudi soir l’avocat de la septuagénaire, Me Arié Alimi.