Procès de l’OAS : Dix ans de prison ferme requis contre le chef du groupuscule d'ultradroite

ATTENTAT Le parquet a requis mardi la peine maximale de prison, avec maintien en détention, contre Logan Nisin

M.F avec AFP
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Le procès du groupe d'ultra droite OAS c'est déroulé mi-septembre au tribunal de Clichy, à Paris.
Le procès du groupe d'ultra droite OAS c'est déroulé mi-septembre au tribunal de Clichy, à Paris. — ACCORSINI JEANNE/SIPA

Logan Nisin passera-t-il les dix prochaines années de sa vie en prison ? C’est en tout cas la peine requise par le parquet ce mardi contre le jeune homme de 25 ans, ancien chef du groupuscule d’ultradroite OAS et  poursuivi à Paris pour des projets d’attentats contre des mosquées ou des personnalités politiques.

C’est un « monarque absolu dans son royaume de haine », a estimé la procureure. « Sa haine est totale, illimitée, sa détermination est sans faille. Il crée, coordonne, pilote, planifie, pousse les autres à l’action, motive les troupes ». Dans le box des prévenus, Logan Nisin, qui a assuré lors des débats qu’il ne serait jamais passé à l’acte, a écouté les réquisitions en gardant son visage dans les mains, clignant des yeux plusieurs fois, pris de tics.

« La menace portée par la mouvance d’ultradroite est une réalité »

Cinq autres hommes, tous d’anciens membres de l’OAS aujourd’hui âgés de 23 à 33 ans, comparaissent. A leur encontre, la procureure a requis des peines de cinq ans de prison, partiellement assortis d’un sursis, à huit ans de prison ferme. « Votre décision aura une portée significative », a rappelé la procureure au président du tribunal, « parce qu’il s’agit ici du premier dossier d’ultradroite jugé sur la vague de dossiers qui a été ouverte ces dernières années ».

Depuis 2017, six enquêtes liées à des projets d’attentats d’ultradroite, dont celle visant l’OAS, ont été ouvertes par le parquet antiterroriste. « La montée en puissance exceptionnelle de la menace portée par la mouvance d’ultradroite est une réalité concrète tangible qui s’impose à nous tous », a insisté la procureure, affirmant que le terrorisme islamiste et celui d’ultradroite étaient issus « d’idéologies jumelles, enfants d’une pensée totalitaire » qui « s’auto-alimentaient ».

« Un bal d’hypocrisie »

Organigramme, cérémonie de prestation de serment, plans d’extorsion d’entreprise pour acheter des armes, conversations pour fabriquer des explosifs, expéditions punitives programmées, séances de tir : la liste des éléments à charge retenus par l’accusation à l’issue de l’enquête est longue. A la barre, les prévenus ont tous assuré que leurs intentions présumées n’étaient que des mots.

« Des propos haineux, dégueulasses », a décrit Thomas A., 23 ans, l’ancien « commandant de l’action locale » et numéro 2 du groupuscule, mais « rien de concret ». « On était dans le monde des bisounours, des gamins », a même lâché lors de son interrogatoire Romain P., 33 ans, ex- « commandant de l’action discrète ». « Un bal d’hypocrisie », a résumé mardi la procureure.