Marseille : Le propriétaire d'un hôtel meublé jugé pour « hébergement indigne »

MAL-LOGEMENT Le tribunal correctionnel de Marseille s’est penché sur le cas d’un propriétaire d’un hôtel meublé accusé d’avoir logé des personnes vulnérables dans des conditions indignes

20 Minutes avec AFP
Le tribunal de Marseille
Le tribunal de Marseille — Alexandre Vella / 20 Minutes

Trente mois de prison​ avec sursis et 75.000 euros d'amende ont été requis lundi à Marseille contre l’exploitant d’un hôtel meublé, jugé pour avoir logé des personnes vulnérables, de vieux travailleurs immigrés, dans des conditions d’hébergement indignes.

Le procureur a réclamé la confiscation d’une somme de 246.000 euros saisie sur les comptes bancaires de Mokrane Sai, âgé de 87 ans. Absent à l’audience pour raisons médicales, l’octogénaire exploitait depuis quarante-six ans un hôtel meublé en plein cœur du quartier du Panier, derrière l’hôtel de ville, et louait ses 28 chambres à de vieux travailleurs immigrés.

Fermé quelques jours après la rue d’Aubagne

Sept de ces « chibanis » avaient déposé plainte en février 2019, quelques semaines après avoir été expulsés d’un logement que certains occupaient depuis plus de trente-cinq ans. Le 30 novembre 2018, moins d’un mois après la mort de huit personnes dans l’effondrement d’un immeuble rue d’Aubagne, au cœur de la cité phocéenne, la ville avait enfin signé un arrêté de fermeture de cet hôtel. Et une indemnité d’expropriation de 542.200 euros avait été versée en 2019 au fils de Mokrane Sai, devenu propriétaire de l’immeuble.

Durant vingt ans, l’insalubrité de cet immeuble avait pourtant été relevée, au gré de plusieurs procédures d’éradication de l’habitat indigne. Sans chauffage ni eau chaude ni coin cuisine, les chambres n’avaient pas été refaites depuis l’ouverture de l’hôtel en 1972. Et les locataires fournissaient eux-mêmes le mobilier. Le jugement sera connu le 18 octobre.