Royaume-Uni : La justice britannique se penche jusqu’au 22 octobre sur le naufrage du Bugaled Breizh

TRAGEDIE INEXPLIQUEE Les familles des cinq marins bretons, morts en 2004, estiment que le chalutier a coulé après avoir été accroché par un sous-marin militaire

20 Minutes avec AFP
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Le Bugaled Breizh, ici en juillet 2004 lors de son retour en France après son renflouage en Angleterre.
Le Bugaled Breizh, ici en juillet 2004 lors de son retour en France après son renflouage en Angleterre. — MAISONNEUVE / SIPA

Près de 18 ans après la tragédie, va-t-il être enfin possible de comprendre les circonstances du mystérieux naufrage du Bugaled Breizh ? En se penchant à partir de ce lundi sur cette tragédie, la justice britannique espère pouvoir donner des explications sur le naufrage de ce chalutier français qui avait sombré en moins d’une minute en 2004 au large de l’ Angleterre, emportant par le fond ses cinq membres d’équipage.

L’enquête publique, prévue jusqu’au 22 octobre à Londres, nourrit l’espoir des familles des cinq marins bretons d’enfin connaître la vérité. Depuis le début, elles estiment que le chalutier a coulé après avoir été accroché par un sous-marin​ militaire. Cette hypothèse n’a jamais pu être confirmée par la justice française au terme d’une très longue procédure, non concluante.

Une quarantaine de témoignages

Pendant trois semaines d’audiences, la Haute Cour entendra une quarantaine de témoignages de marins, de secouristes, d’experts maritimes et de militaires. Les familles des victimes sont également invitées à s’exprimer à l’ouverture.

Le 15 janvier 2004, le Bugaled Breizh (« Enfants de Bretagne » en breton), un chalutier de Loctudy dans le Finistère, avait sombré en moins d’une minute dans des conditions météorologiques plutôt bonnes, au large des Cornouailles dans le sud-ouest de l’Angleterre. L’équipage avait été emporté par le fond. Le bateau a coulé dans une zone ou étaient prévus des exercices militaires de l'Otan et de la Royal Navy, impliquant des sous-marins.

Eclaircir les causes sans condamner

Seuls les corps de Patrick Gloaguen, Yves Gloaguen et Pascal Le Floch ont été retrouvés : le premier dans l’épave lors de son renflouement, les deux autres dans les eaux anglaises. C’est d’ailleurs sur la mort de ces deux derniers que se concentre l’enquête britannique. Georges Lemétayer et Eric Guillamet ont par contre été portés disparus en mer. L’objectif de la procédure au Royaume-Uni est d’éclaircir les causes des décès, sans toutefois prononcer de condamnations.

« La justice londonienne consacre trois semaines d’audience à cette affaire, elle va aller au fond des choses et jamais l’espoir des familles, qui n’ont jamais baissé les bras, n’a été aussi grand », a confié Dominique Tricaud, avocat des enfants de Georges Lemétayer. Dans une tribune publiée par le journal Le Monde, Gaspard de Monclin, avocat des familles de victimes, a pour sa part dénoncé le manque de coopération des différents gouvernements impliqués et réclamé la levée du secret-défense entourant les manœuvres de l’Otan.

Un témoignage très attendu sera celui, le 12 octobre, de l’ancien commandant du sous-marin nucléaire britannique HMS Turbulent, Andrew Coles, bâtiment soupçonné d’avoir joué un rôle dans le naufrage. Mais jusqu’à présent, le ministère britannique de la Défense et la Royal Navy ont démenti toute implication d’un sous-marin britannique.