Lyon : Un vaste réseau de marchands de sommeil jugé à partir de lundi

PROCES Quatorze personnes vont se retrouver sur la banc des accusés. Les victimes seraient plus d’une centaine

C.G. avec AFP
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Le palais de justice de Lyon.
Le palais de justice de Lyon. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Quatorze membres présumés d’un réseau de marchands de sommeil seront jugés à partir de lundi à Lyon.
  • Membres d’une même famille, ils sont soupçonnés d’avoir logé dans des conditions indignes une centaine de victimes, entre 2012 et 2017.
  • Ils avaient, par exemple, modifié deux appartements pour construire 17 logements d’une surface n’excédant pas 15 mètres carrés.

Quatorze personnes soupçonnées d’avoir participé à un vaste réseau de marchands de sommeil, à Lyon et dans plusieurs villes de la périphérie, seront jugées à partir de lundi et jusqu’au 15 octobre. Le nombre de victimes, logées dans des conditions indignes entre 2012 et 2017, s’élève à une centaine de personnes.

La méthode de ce réseau consistait à découper des logements en plusieurs parties réduites, afin de multiplier les locations et les proposer à des personnes ou des familles en situation de vulnérabilité, souvent en situation irrégulière.

Des logements de 10 à 15 mètres carrés

A Vaulx-en-Velin, par exemple, deux appartements ont été modifiés pour créer 17 logements d’une surface de 10 à 15 mètres carrés. Créé par plusieurs membres d’une même famille d’origine tunisienne, le réseau a acquis plusieurs immeubles et appartements, à Lyon, Saint-Fons, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Vénissieux.

L’affaire a révélé l’utilisation de plusieurs SCI et de sociétés de bâtiment destinées à blanchir les fonds perçus dans les locations. Les suspects proposaient par ailleurs aux étrangers en situation irrégulière des « packs » de faux contrats de travail et fiches de paies, d’un prix de 900 euros, afin d’obtenir des prestations sociales. Une quarantaine de personnes ont bénéficié de ce système frauduleux, selon l’enquête.

Des salons de coiffure clandestins

Le contrôle d’un salon de coiffure a déclenché toute l’affaire en 2014. La justice lyonnaise a découvert l’existence d’une douzaine de salons de coiffure complètement clandestins, pratiquant des prix très bas à 10 euros la coupe, et employant des coiffeurs sans titre de séjour. Non déclarés, les établissements auraient rapporté 500.000 euros par an à l’organisateur principal, suspecté d’avoir ensuite investi l’argent dans les logements clandestins.

Les prévenus, âgés de 21 à 54 ans, sont poursuivis pour « soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes », « escroquerie en bande organisée », « blanchiment », « travail dissimulé » et « aide au séjour irrégulier ». La métropole de Lyon est constituée partie civile au procès, ainsi qu’une banque, victime d’un non-remboursement de prêt.