Enlèvement de Dewi : Six mois de prison avec sursis pour le père

TRIBUNAL Grégoire H. avait enlevé son fils, Dewi, le 31 juillet à Lannion, alors qu’il n’a pas de droits de visite seul

20 Minutes avec AFP
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Le fronton d'un palais de justice. (illustration)
Le fronton d'un palais de justice. (illustration) — SICCOLI PATRICK/SIPA

Grégoire H., qui avait enlevé son fils de 8 ans cet été, provoquant une « alerte enlèvement » pour retrouver Dewi, a été condamné vendredi à six mois de prison avec sursis et obligation de soins psychologiques par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc. Le prévenu était jugé pour « soustraction de mineur des mains de ceux qui exercent l’autorité parentale ou auxquels il a été confié », un délit passible d’un an d’emprisonnement, et non pour « enlèvement ».

En plein chassé-croisé estival, l’image du père de Dewi avait fait la une des médias, qui avaient relayé abondamment l’alerte enlèvement comme le stipule le dispositif, déclenché pour la 25e fois depuis 2006 à cette occasion. Le 31 juillet, Grégoire H., 39 ans, domicilié dans la métropole rennaise, musicien spécialiste de musique bretonne, avait enlevé Dewi à l’issue d’un droit de visite encadré à la maison du département de Lannion. Il avait passé la nuit dans une forêt avec le garçonnet et ils avaient été finalement retrouvés dans un champ le lendemain.

« C’était un acte pas pensé »

Vendredi à l’audience, Grégoire H., cheveux attachés, chemise blanche et veste, comparaissant libre, est apparu peu à l’aise à la barre avec un masque sanitaire. « C’était un acte pas pensé », a-t-il dit à la question de la préméditation de son geste. « J’ai compris beaucoup de choses en voyant l’ampleur et les conséquences de mon acte », a-t-il admis, évoquant une histoire complexe avec son fils alors qu’il est veuf après le suicide de la mère de Dewi. « Vous ne pouvez pas toute votre vie vous justifier par rapport à cette vie difficile », a dit la juge Stéphanie Guégan.

Le procureur, Grégory Martin-dit-Neuville, a reconnu que ce dossier était une « histoire de souffrance » alors que l’enfant est atteint de surdité, né dans une voiture et tardivement déclaré à l’état civil. Bien que le père « se sait recherché » à cause de l’alerte enlèvement, « il va rester une nuit à l’extérieur et marcher dans la forêt avec son fils de 8 ans », faisant courir « un danger réel », a plaidé le procureur, requérant six mois d’emprisonnement avec sursis.

L’avocat du prévenu, Me Lionel Papion, a salué un « jugement équilibré » qui a pris en compte la « complexité » du dossier. Son client, « vivant en rupture de certaines normes » et qui a « des difficultés avec les institutions » voit deux fois par mois en visio Dewi, qui est placé dans une famille dans un lieu que le père ne connaît pas.