Prisons : Nouvelle hausse du nombre de personnes incarcérées avec 68.472 détenus au 1er septembre

INCARCERATIONS Traditionnellement, en raison d’un ralentissement de l’activité judiciaire en juillet et août, il y a moins d’entrées en détention l’été

20 Minutes avec AFP
— 
Illustration dun gardien de prison, ici au sein de la maison darrêt de Brest.
Illustration dun gardien de prison, ici au sein de la maison darrêt de Brest. — Fred Tanneau / AFP

Avec 68.472 détenus au 1er septembre, le nombre de personnes incarcérées dans les prisons françaises a de nouveau augmenté en août, selon les données statistiques du ministère de la Justice consultées mercredi par l’AFP.

Au 1er septembre, les prisons françaises comptaient 68.472 détenus pour 60.374 places opérationnelles, contre 68.301 au 1er août et 67.971 au 1er juillet, soit une augmentation de 501 prisonniers en deux mois.

La densité carcérale en hausse à 113,4 %

Traditionnellement, en raison d’un ralentissement de l’activité judiciaire en juillet et août, il y a moins d’entrées en détention l’été. Cette croissance est de 14,6 % sur un an : on comptait 59.735 détenus au 1er septembre 2020. La densité carcérale dans les 188 établissements pénitentiaires s’établit désormais à 113,4 %, en légère hausse par rapport au mois de juillet 2021 (113,1 %). Il y a un an, elle était de 98,6 %.

Cette densité est de 132,6 % dans les maisons d’arrêt, où sont incarcérés les détenus en attente de jugement et ceux condamnés à de courtes peines, en augmentation de 21 points par rapport au 1er septembre 2020. La densité carcérale atteint même 202,9 % à la maison d’arrêt de Tarbes, 196,9 % à Carcassonne et 194,9 % à La Roche-sur-Yon. Au 1er septembre, plus de la moitié des détenus étaient incarcérés dans une prison suroccupée à plus de 120 %, et 1.299 étaient contraints de dormir sur un matelas posé au sol. Parmi les détenus, 18.650 (27,2 %) sont des prévenus, incarcérés dans l’attente de leur jugement.

Baisse drastique au premier confinement

Le nombre de mineurs écroués (773), qui représentent environ 1 % de la population carcérale, est en légère diminution, tout comme celui des femmes détenues (2.933 au 1er septembre, soit 3,6 % de la population carcérale). Au total, 82.273 personnes étaient placées sous écrou au 1er septembre, dont 13.801 non détenues faisant l’objet d’un placement sous surveillance électronique (13.138) ou d’un placement à l’extérieur (663), des chiffres en diminution.

La surpopulation carcérale est régulièrement épinglée. La Cour européenne des droits de l’Homme avait condamné la France en janvier 2020​ pour son surpeuplement chronique et l’avait enjointe de le résorber définitivement. Au printemps 2020, à la faveur de la crise sanitaire, le nombre de détenus avait drastiquement chuté (-13.000), et le taux d’occupation moyen des prisons était passé pour la première fois en vingt ans sous le seuil des 100 %. Mais depuis la reprise de l’activité judiciaire en septembre 2020, la population carcérale ne cesse de grimper.