Incidents Nice-OM : Six mois de prison ferme requis contre le supporteur niçois accusé d’avoir agressé Dimitri Payet

CORRECTIONNEL Le parquet a aussi demandé cinq ans d’interdiction de paraître dans un stade

E.M.
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Des violences ont éclaté lors de la rencontre entre Nice et l'OM à NIce dimanche 22 août 2021.
Des violences ont éclaté lors de la rencontre entre Nice et l'OM à NIce dimanche 22 août 2021. — AFP
  • Lors de la rencontre entre l’OGC Nice et l’OM, le 22 août, des supporteurs niçois ont envahi le terrain, provoquant une bagarre générale après le renvoi de Dimitri Payet d’un projectile qu’il avait reçu.
  • Le supporter Tony C., 28 ans, était jugé ce mercredi après-midi pour être descendu sur le terrain et tenté de frapper le joueur marseillais.
  • Le délibéré sera rendu jeudi prochain, le 30 septembre.

Un mois pile après la rencontre entre l’OGC Nice et l’OM qui avait été stoppée à la 78e minute, Tony, le supporteur niçois soupçonné d’avoir agressé le joueur marseillais Dimitri Payet, était jugé ce mercredi après-midi. Après deux heures d’audience, la procureure Clémence Bravais a requis un an d’emprisonnement « aménageable », dont six mois assortis de sursis, et cinq ans d’interdiction de paraître dans un stade, la peine maximale, jugeant ce comportement « indigne d’un supporter ». Le délibéré sera rendu jeudi prochain, le 30 septembre.

« La sanction proposée est lourde mais justifiée en regard du contexte, a réagi après l’audience, l’avocate Delphine Maillet représentant l’Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP), qui, pour la première fois, se portait partie civile. Il faut que les supporters sachent qu’il y a une sanction à la clé si jamais ils osent descendre sur un terrain de football. La justice doit se positionner avec fermeté sur cette affaire ».

Lors de son plaidoyer, elle a réclamé « un euro symbolique de dommages et intérêts ». C’est ce qu’ont également demandé ses confrères, qui représentaient la Ligue de football professionnel (LFP), Dimitri Payet ainsi que l’OM, pour « la réparation du préjudice moral qu’ils subissent ». Les avocats ont tous les trois insisté sur la nécessité de la peine complémentaire pour « protéger les joueurs, l’image du football et lutter contre les violences. »

« Je m’excuse auprès de tous ceux qui ont vu ces images »

Pendant l’audience, le supporter niçois de 28 ans, a reconnu les faits reprochés sans pouvoir apporter plus de précisions à « la question principale », selon la juge : « Quelles étaient ses intentions en allant sur le terrain ? ». Sa seule justification était de « vouloir des explications » du geste du joueur marseillais, qui venait de lancer vers la tribune niçoise, une bouteille qui l’avait reçue.

Tony C., a répété plusieurs fois, d’une voix chevrotante, « regretter son geste », reconnaissant qu’il était « inapproprié » et a tenu à s’excuser auprès « de tous ceux qui ont vu ces images », en soulignant son rôle « plutôt de grand frère » dans les tribunes. « Ce geste n’a rien à faire dans un stade », a-t-il admis en balbutiant. Son avocat, Benjamin Taieb est revenu sur les accusations de « violences volontaires en réunion » en précisant qu’il avait « agi seul » et que s’était constitué autour de lui « un mouvement de foule » dont il n’était pas responsable.

A l’issue de sa comparution immédiate, trois jours après les faits, le prévenu avait été laissé libre mais interdit de stade et de matchs avec l’obligation de pointer deux fois par semaine à la gendarmerie de Mandelieu-la-Napoule, où il réside. La commission de discipline de la Ligue professionnelle de football a sanctionné Nice de trois matchs à huis clos et du retrait d’un point après cette rencontre chaotique face à Marseille, qui devra être rejouée mercredi 27 octobre.