Pas-de-Calais : Prison ferme pour des forains qui avaient torturé des Roumains

PROCES Les Assises du Pas-de-Calais ont condamné sept personnes à des peines de prison pour avoir séquestré et violenté trois Roumains qu’elles soupçonnaient de cambriolage

20 Minutes avec AFP
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Une salle d'audience dans un palais de justice (illustration).
Une salle d'audience dans un palais de justice (illustration). — Camille Allain / 20 Minutes
  • Des forains installés à Wimereux étaient accusés de séquestration et actes de torture sur trois Roumains.
  • Les accusés soupçonnaient les victimes de les avoir cambriolés.
  • Sept des neuf accusés ont été condamnés à des peines de prison ferme ou assorties de sursis pas les assises du Pas-de-Calais.

Sept personnes ont été condamnées, lundi, par la cour d’assises du Pas-de-Calais à des peines allant jusqu’à cinq ans de prison, dont deux avec sursis. Elles étaient accusées pour la plupart d'avoir séquestré et fait subir des sévices à trois Roumains qu’elles soupçonnaient de cambriolage.

Neuf personnes, membres ou proches d’une même famille, originaires de Wimereux, comparaissaient libres depuis le 6 septembre : huit pour « séquestration », « détention arbitraire » avec « torture et acte de barbarie » et une pour non-empêchement de crime. Les trois victimes étaient absentes à l’audience.

Brûlures au décapeur thermique et simulacre de pendaison

Les trois Roumains étaient employés par cette famille de forains installés sur le front de mer de Wimereux, une station balnéaire de la Manche située à proximité de Boulogne-sur-Mer. Un parent de ces forains, le frère du père, avait été « victime d’un cambriolage » et ils avaient « suspecté les Roumains », avait expliqué à l’époque des faits une source judiciaire.

En juillet 2017, « en guise de représailles et pendant quelques heures, les mis en cause ont fait subir des pires sévices aux trois Roumains, comme des brûlures causées par un décapeur thermique ou des simulacres de pendaison dans une caravane à Wimereux », avait-elle ajouté.

Lors de son réquisitoire, l’avocat général, Philippe Sabatier, a décrit « des actes monstrueux commis par des gens qui ne sont pas des monstres ». « Il n’est pas justifié de les réincarcérer, au regard des dégâts que cela pourrait causer sur leur réinsertion », avait estimé l’avocat général, requérant l’acquittement pour quatre d’entre eux au motif d’une absence de preuves, et des peines allant de trois à cinq ans, assorties d’un sursis, pour les cinq autres.

Un verdict au-delà des réquisitions

Mais la cour a été plus sévère, prononçant des peines allant de cinq ans de prison dont deux avec sursis à un an de prison avec sursis. Deux personnes ont été acquittées.

Pour Me Fleur Bridoux, avocate des parties civiles, il s’agit d’un verdict « mesuré » qui « prend en compte aussi bien la gravité des faits de par les condamnations fermes qui ont été prononcées » que « la personnalité des accusés », qui sont tous « insérés socialement ».

Un « verdict d’apaisement » pour Me Julien Delarue, avocat de l’un des accusés condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis, « à la fois significatif et en même temps qui fort heureusement ne doit pas compromettre l’avenir de ces gens ».