Meurtre du petit Jonathan : Le suspect allemand, qui conteste les faits, bientôt remis aux autorités de son pays

ENQUETE Martin Ney, mis en examen pour le meurtre en 2004 de Jonathan en Loire-Atlantique, avait été remis à la France il y a huit mois

20 Minutes avec AFP
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Jonathan Coulom a été enlevé dans un centre de vacances en 2004
Jonathan Coulom a été enlevé dans un centre de vacances en 2004 — FRANK PERRY / AFP
  • Martin Ney, 50 ans, va regagner les geôles allemandes dans les prochains jours.
  • « Je peux vous indiquer simplement qu’il conteste les faits », a expliqué le procureur de la République de Nantes, Renaud Gaudeul, qui indique que les investigations vont continuer.

L’enquête serait-elle finalement en train de piétiner ? Martin Ney, un détenu allemand condamné pour le meurtre de trois enfants, va être bientôt remis aux autorités de son pays, a indiqué mardi le parquet de Nantes. Car après avoir passé huit mois en France, où il est mis en examen pour le meurtre en 2004 de Jonathan, 10 ans, les aveux n’ont pas eu lieu. « Je peux vous indiquer simplement qu’il conteste les faits », a expliqué le procureur de la République de Nantes, Renaud Gaudeul, sans donner plus de détails sur les réponses qu’a données le suspect à la justice française.

Martin Ney, 50 ans, avait été remis aux autorités françaises le 22 janvier, puis mis en examen le 25 janvier pour « meurtre d’un mineur de moins de 15 ans et arrestation, enlèvement et séquestration, ou détournement arbitraire de mineurs de moins de 15 ans ». « Les huit mois étant arrivés à expiration, l’intéressé va regagner les geôles allemandes dans les prochains jours », c’est-à-dire avant la fin du mois de septembre, a affirmé Renaud Gaudeul.

Les investigations vont se poursuivre

« Pour autant ça ne veut en aucun cas dire que les charges sont inexistantes à son encontre, tout au contraire, en l’occurrence, le juge d’instruction va poursuivre ses investigations dans le cadre de ce dossier », a-t-il développé. « Ce n’est qu’à l’issue de ces investigations qu’il sera possible d’indiquer, premièrement s’il est nécessaire de faire revenir l’auteur présumé des faits en France, et deuxièmement s’il y a des charges suffisantes à son encontre justifiant son renvoi devant la cour d’assises », a expliqué le procureur.

Jonathan, originaire du Cher, avait disparu dans la nuit du 6 au 7 avril 2004 d’un centre de vacances de Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique). Son cadavre avait été découvert le 19 mai, ligoté et lesté d’un parpaing, dans un étang proche de Guérande, à 25 kilomètres du lieu de l’enlèvement.

Un mandat d’arrêt européen avait été délivré contre Martin Ney, en octobre 2019. L’hypothèse de sa responsabilité était, parmi d'autres, explorée de longue date par les enquêteurs et cette piste a été relancée en avril 2018 par des aveux indirects, entre détenus. Le codétenu de Martin Ney avait alors affirmé avoir recueilli les aveux de ce criminel, déjà condamné à perpétuité en 2012 pour le meurtre de trois enfants dans le nord de l’Allemagne. Né le 12 décembre 1970, Martin Ney, était, jusqu’à son transfert à Nantes, incarcéré à Celle en Basse-Saxe (nord-ouest de l’Allemagne).