Affaire Delphine Jubillar : Les avocats du mari réclament la libération de leur client arguant d'« un dossier vide »

DETENTION Ce mardi, les avocats du mari de Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, plaidaient à nouveau pour sa remise en liberté. Il sera fixé le 21 septembre

Béatrice Colin
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Cédric Jubillar, lors d'une marche blanche pour sa femme Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines.
Cédric Jubillar, lors d'une marche blanche pour sa femme Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines. — Fred Scheiber / AFP
  • Delphine Jubillar, une infirmière tarnaise a disparu sans laisser de trace dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Soupçonné de l’avoir tuée, son mari Cédric a été mis en examen et écroué le 18 juin,
  • Après le rejet de sa demande de remise en liberté au début du mois, ses avocats avaient formé un appel, examiné ce mardi devant la chambre de l’instruction.
  • Sans nouvel élément à décharge, ces derniers ont remis en cause à nouveau les indices « graves et concordants » qui ont conduit leur client en détention.

« C’est insupportable d’avoir un homme incarcéré, qui ne voit plus ses enfants, dont la femme a disparu et qui clame son innocence… avec un dossier qui est vide ». Ce mardi, Alexandre Martin, l’un des avocats de Cédric Jubillar, contestait le maintien en détention de son client devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse, en son absence.

Mis en examen et incarcéré depuis le 18 juin pour « homicide volontaire sur conjoint », le plaquiste qui fêtait ses 35 ans ce 14 septembre, est soupçonné du meurtre de sa femme, Delphine, une infirmière disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 et avec qui il était en instance de séparation.

Une couette partie à l’analyse sept mois plus tard

Tour à tour, sans apporter d’éléments nouveaux, ses défenseurs ont tenté de démonter point par point les éléments du dossier retenus contre leur client. Ces indices graves et concordants qui ont conduit à sa mise en examen. Tous sont revenus sur la fameuse couette, présentée comme un élément central par les enquêteurs qui soupçonnent Cédric Jubillar de l’avoir mis à la machine à laver juste après les avoir appelés le jour de la disparition.

Mes Martin, Alary et Franck, les avocats de Cédric Jubillar.
Mes Martin, Alary et Franck, les avocats de Cédric Jubillar. - B. Colin / 20 Minutes

« Mettre une machine à laver en route peut paraître curieux. Mais tient-on là un indice grave et concordant ? On a retrouvé la couette 34 heures après. Lors des perquisitions des 16 et 17 décembre, il y a eu pléthore d’éléments pris et placés sous scellés, mais pas la couette et l’eau de la machine présentées comme des éléments extrêmement confondants. Et pourtant, avant le 28 juillet, ni les magistrats instructeurs ni les gendarmes n’ont eu l’idée de les envoyer à l’analyse », relève Emmanuelle Franck qui assure aussi la défense Cédric Jubillar.

Indices mis « bout à bout »

Cette dernière est revenue aussi sur l’exploitation du téléphone portable du suspect la nuit de sa disparition. Notamment sur la consultation d’un site de rencontres lorsqu’il rallume son mobile, avant même d’appeler les gendarmes. « C’est un comportement bizarre, mais on ne sait pas si c’est une consultation ou une notification, même les gendarmes le disent, or vous en avez fait un indice. Une fois qu’on a écarté les indices de comportement ou de contexte, c’est-à-dire pas grand-chose, il reste les indices avec toutes les réserves qu’on doit y mettre. Et puis c’est tout », poursuit l’avocate dont le client sera auditionné le 15 octobre prochain.

Des arguments dont s’est défendue l’avocate générale qui a demandé son maintien en détention. Pour la représentante du ministère public, « on se rend compte que mis bout à bout et interprétés dans un contexte », ces indices permettent de désigner Cédric Jubillar comme « le plus à même d’avoir commis le crime ».