Procès des attentats du 13-Novembre : François Hollande appelé à témoigner, la défense ne comprend pas pourquoi

TERRORISME Les avocats de certains accusés se demandent ce que ce témoin pourrait apporter

M.F avec AFP
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L'ancien chef de l'Etat, François Hollande, est appelé à venir témoigner le 10 novembre au procès des attentats du 13-Novembre.
L'ancien chef de l'Etat, François Hollande, est appelé à venir témoigner le 10 novembre au procès des attentats du 13-Novembre. — Romain GAILLARD-POOL/SIPA

Un témoin qui dérange. Ce vendredi lors de la troisième journée du procès des attentats du 13-Novembre 2015, l’huissier chargé de citer la liste des témoins attendus dans les prochains mois, a indiqué un nom connu de tous les Français : «  Hollande, François ». L’ex-président de la République devrait en effet se présenter le 10 novembre prochain devant la cour d’assises spéciale de Paris afin de témoigner au procès. Mais la venue de l’ancien chef de l’Etat a suscité l’incompréhension du côté de la défense.

« On ne comprend pas pourquoi il a été cité. Si les parties civiles pouvaient nous expliquer afin que l’on puisse préparer l’audition de cet individu », a affirmé Me Martin Mechin, avocat de Hamza Attou, l’un des trois accusés qui comparaît libre sous contrôle judiciaire. « On ne comprend pas très bien ce que ce témoin pourrait apporter à la manifestation de la vérité », a estimé Me Mechin à la lecture du nom de François Hollande.

« On se demande ce que ces témoins apportent pour éclairer la vérité »

Un avocat des parties civiles a expliqué que François Hollande avait été cité par l’association « Life for Paris ». « Il était au moins sur l’un des lieux des attentats, le Stade de France », a rappelé l’avocat. « Il pourra donner des éléments sur un certain nombre de thématiques », a-t-il ajouté.

Christian Saint-Palais, un des avocats de Yassine Atar, jugé pour participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle et qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, n’est pas convaincu. « On se demande ce que ces témoins apportent pour éclairer la vérité », dit-il. « Ce témoignage va prendre du temps sur ceux des parties civiles et de la défense », argumente-t-il. « Un témoin doit s’exprimer sur les faits reprochés aux accusés et leur personnalité », rappelle Raphaël Kempf, autre avocat de Yassine Atar.

Me Saint-Palais s’interroge aussi sur la présence comme témoin de Georges Fenech, ancien président de la commission parlementaire sur les attentats du 13-Novembre et qui vient de publier un livre sur le sujet. « On ne peut pas recevoir tous ceux qui publient des livres au moment du procès », s’est-il amusé avant que le président ne coupe la discussion. « Y a-t-il d’autres observations sur M. François Hollande ? ». On passe à l’appel du témoin suivant.