Pass Sanitaire : Une enseignante jugée après avoir brandi une pancarte antisémite pendant une manifestation

CORRECTIONNELLE Cet ex-membre du FN et professeur d'allemand est poursuivie pour « provocation à la haine raciale » et encourt un an de prison et 45.000 euros d’amende

T.G. avec AFP
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Des slogans de soutien à l'enseignante ont vu pendant des manifestations anti-pass sanitaire.
Des slogans de soutien à l'enseignante ont vu pendant des manifestations anti-pass sanitaire. — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
  • Cassandre Fristot va être jugée ce mercredi devant le tribunal de Metz.
  • Cette enseignante et ex-membre du FN devra répondre de « provocation à la haine raciale » pour avoir brandi une pancarte antisémite lors d’une manifestation début août.
  • Elle risque un an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende, avait indiqué le Parquet de dans un communiqué.

Audience un peu spéciale ce mercredi à Metz. Le tribunal correctionnel de la capitale de la Moselle va devoir juger en début d’après-midi Cassandre Fristot. Cette enseignante et ex-membre du FN devra répondre de « provocation à la haine raciale » pour avoir brandi une pancarte antisémite lors d’une manifestation anti-pass sanitaire début août.

La diffusion d’une photo de l’écriteau, brandi fièrement par son autrice coiffée d’un béret, avait suscité un tollé dans la classe politique et les organisations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Elle encourt un an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende, avait indiqué le Parquet de Metz dans un communiqué.

La prévenue sera assistée par Me Paul Yon, qui a notamment défendu dans le passé Marine Le Pen, la ville d’Hayange dirigée par le RN, et le négationniste Robert Faurisson. Au total, 13 organisations se sont constituées parties civiles, dont le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), la Licra et SOS Racisme. « Le Crif constate qu’avant la haine était tue, et que maintenant elle est dévoilée. Dès lors, elle entre sous le coup de la loi et doit être punie », a déclaré David-Olivier Kaminski, avocat de l’organisation.

Cassandre Fristot, ancienne élue locale et ex-candidate FN aux législatives de 2012, avait été interpellée après l’ouverture d’une enquête de flagrance par le parquet de Metz au lendemain de la manifestation. Les noms de plusieurs responsables politiques, hommes d’affaires et intellectuels, dont la plupart sont juifs, étaient ciblés sur cet écriteau.

Pancarte « abjecte »

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait dénoncé une pancarte « abjecte » et promis que ce geste ne resterait pas « impuni ». Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer avait lui annoncé que Cassandre Fristot serait « suspendue en attendant les suites disciplinair

es ».

Professeure d’allemand, elle enseignait comme remplaçante dans plusieurs établissements de Moselle avant sa suspension. Selon le procureur de la République de Metz, Christian Mercuri, elle est « connue pour son appartenance à la mouvance d’extrême droite ».

Sur la pancarte brandie à la manifestation messine, les noms inscrits encadraient le slogan « Mais qui ? » et l’exclamation « Traîtres !!! ». Ce slogan est apparu à la suite d’un entretien accordé en juin sur la chaîne CNews d’un général à la retraite, Daniel Delawarde, signataire d’une tribune évoquant « le délitement » de la France, publiée par l’hebdomadaire Valeurs actuelles.