Disparition d’Estelle Mouzin : Le corps de la fillette toujours introuvable, la situation « commence à se tendre »

ENQUETE Les fouilles entamées lundi pour retrouver la jeune victime de Michel Fourniret restent infructueuses

M.F avec AFP
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Monique Olivier avec la juge française Sabine Kheris lors des recherches près de la forêt du village d'Issancourt-et-Rumel pour retrouver le corps d'Estelle Mouzin , le 31 août 2021.
Monique Olivier avec la juge française Sabine Kheris lors des recherches près de la forêt du village d'Issancourt-et-Rumel pour retrouver le corps d'Estelle Mouzin , le 31 août 2021. — François NASCIMBENI / AFP

Menées depuis lundi dans les Ardennes​, les fouilles pour tenter de retrouver le corps d'Estelle Mouzin, victime présumée de Michel Fourniret en 2003, qui n’ont rien donné, ont été interrompues ce vendredi, a annoncé la gendarmerie.

Sur le site d’Issancourt-et-Rumel, désigné comme lieu de l’inhumation d’Estelle Mouzin par Monique Olivier, l’ex-compagne du tueur en série, « les fouilles sont bien terminées pour cette semaine (…) le site est libéré, les gendarmes mobiles partis », a indiqué la gendarmerie.

Le dispositif policier entourant cette septième opération de recherches du corps de la fillette menée depuis juin 2020 avait été levé jeudi soir, et l’accès à la zone fouillée, en bordure d’un bois communal restait ouvert vendredi matin, a constaté une journaliste. « Tout le monde est à la gendarmerie de Sedan », à une quinzaine de km, a indiqué l’avocat de Monique Olivier, Me Richard Delgenes.

« Ça commence à se tendre un peu »

« Comme les autres jours, on n’a pas trouvé (…) On a fouillé trois fois, on a été au Sautou, à l’étang du Paradis, on a abattu les arbres (…) Ça commence à se tendre un peu, c’est normal », a affirmé à la presse Me Richard Delgenes, l’avocat de Monique Olivier, ex-épouse du tueur en série Michel Fourniret.

« Ce n’est pas de la faute de Monique Olivier si on n’a pas retrouvé l’ADN d’Estelle Mouzin plus tôt ou qu’on n’a pas fait ce qu’il fallait pendant 15 ans », a-t-il estimé. La veille, l’avocat de la famille de la victime, Me Didier Seban avait affirmé que Monique Olivier « parlait » mais se « refusait » à « donner des précisions nouvelles ». « Elle est la co-auteure avec Michel Fourniret des crimes qu’on connaît et donc, tout en promettant qu’elle fait tout, qu’elle veut nous aider, il y a des secrets qu’elle ne veut pas livrer », avait-il ajouté.

Ne pas « forcer » Monique Olivier

« Attention à ne pas essayer de forcer à tout prix des aveux, des éléments qu’elle n’aurait pas parce qu’on n’aurait pas fait plus tôt ce qu’il y avait à faire », a mis en garde jeudi Me Richard Delgenes. « Ce n’est pas en disant que Monique Olivier est co-auteure ou responsable des meurtres de Michel Fourniret qu’on va avancer (…) N’essayons pas de lui donner le rôle de Michel Fourniret », décédé à Paris le 10 mai, a-t-il poursuivi.

« Elle raconte assez bien les récits jusqu’au moment de la mort des victimes, après c’est plus compliqué », a-t-il reconnu, affirmant qu’il y avait « une très grande probabilité que la mort ait été donnée dans la maison de la famille Fourniret et que le corps ait été enterré sur le chemin fouillé ».

Lors de précédentes fouilles en avril, Monique Olivier avait reconnu un rôle dans la séquestration d’Estelle, enlevée à neuf ans, le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne). Elle avait précisé avoir accompagné Michel Fourniret au bord du bois d’Issancourt-et-Rumel (où se déroulent les fouilles) pour le laisser enfouir le corps, a proximité de Ville-sur-Lume, où, toujours selon elle, son ex-époux a séquestré, violé et tué Estelle en 2003.