ETA : Josu Ternera, le leader de l’organisation basque, relaxé à Paris de faits de terrorisme entre 2011 et 2013

PROCES La justice a estimé qu’il n’y avait pas d’éléments permettant de prouver son rôle actif dans l’organisation séparatiste basque à cette période

M.F avec AFP
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Le dirigeant historique de l'ETA Josu Ternera a été relaxé mercredi 1e septembre 2021 de faits de participation à une association de malfaiteurs terroriste entre 2011 et 2013.
Le dirigeant historique de l'ETA Josu Ternera a été relaxé mercredi 1e septembre 2021 de faits de participation à une association de malfaiteurs terroriste entre 2011 et 2013. — Alvaro Barrientos/AP/SIPA

Le tribunal de Paris a estimé a relaxé mercredi le dirigeant historique de l’ETA Josu Ternera, de faits de « participation à une association de malfaiteurs terroriste ». Considéré comme le « grand-père » de l’Euskadi Ta Askatasuna («Pays basque et liberté ») l’homme de 70 ans était accusé d’avoir continué à jouer un rôle actif dans l’organisation séparatiste basque entre 2011 et 2013 en participant à des opérations, en vivant dans la clandestinité et en entretenant des liens avec ses membres.

Josu Antonio Urrutikoetxea Bengoetxea de son vrai nom avait été rejugé à sa demande en juin, après avoir été condamné en son absence en 2017, alors qu’il était en cavale, à huit ans de prison. Le tribunal a estimé que l’enquête n’avait pas permis d’établir que Josu Ternera, entre 2011 et 2013, avait « été en contact avec des membres de l’ETA », et que s’il avait vécu en France dans la clandestinité « sous un faux nom », il n’avait pas été retrouvé de faux papiers, ni de traces de financements suspects ou d’une aide quelconque de membres de l’ETA.

Seize ans de cavale

Après le verdict, Josu Ternera, veste noire, cheveux grisonnants et petites lunettes, a longuement serré son avocat dans ses bras, avant de quitter la salle d’audience sans faire de déclaration. « Nous sommes soulagés, satisfaits, c’est une décision qui s’imposait. Le tribunal a mis un terme à une affaire qui n’aurait jamais dû être ouverte », a réagi l’un de ses avocats, Me Laurent Pasquet-Marinacce, après la lecture de la décision du tribunal.

Convoqué par la justice espagnole en 2002, Josu Ternera était entré en clandestinité et avait été arrêté en mai 2019, après plus de seize ans de cavale, sur le parking d’un hôpital de Savoie où il allait se faire soigner.

Pas tiré d’affaire pour autant

Il doit de nouveau faire face à la justice française, les 13 et 14 septembre, pour répondre de son appartenance à l’ETA, cette fois-ci entre 2002 et 2005. Dans ce dossier, il a également été jugé et condamné en son absence en 2010 à cinq ans de prison en première instance, puis sept ans en appel. Son avocat n’a pas souhaité s’exprimer au sujet de cette prochaine audience. « On verra », a-t-il simplement dit, assurant par contre que son client serait présent.

Une fois ces procédures judiciaires terminées, Josu Ternera pourrait être remis à l’Espagne, la Cour de cassation ayant accepté en novembre 2020 le principe de son extradition demandée par Madrid. Créée en 1959 sous la dictature espagnole de Franco, l’ETA est accusée d’avoir tué au moins 853 personnes durant quatre décennies de violence au nom de l’indépendance du Pays basque.