Lille : Sursis et interdiction temporaires d’exercer pour les policiers violents

VIOLENCES POLICIERES Deux policiers ont été reconnus coupables de violences envers un homme en garde à vue dans le commissariat de Tourcoing en juin 2020

20 Minutes avec AFP
Illustration de la police.
Illustration de la police. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Deux policiers étaient jugés pour avoir commis des violences sur un gardé à vue à Tourcoing en juin 2020.
  • Filmés par la vidéosurveillance, ils ont été reconnus coupables et condamnés à de la prison avec sursis et l’interdiction d’exercer pendant 3 ans.
  • Les deux prévenus niaient le passage à tabac et ont annoncé faire appel de la décision du tribunal.

Mercredi, le tribunal correctionnel de Lille a condamné deux policiers nationaux à des peines de prison avec sursis et trois ans d’interdiction d’exercer. Ils ont été reconnus coupables de violences volontaires sur un gardé à vue et d’avoir menti sur leur procès-verbal.

Les deux policiers, âgés de 26 et 31 ans, condamnés à 10 et 12 mois de prison avec sursis, avec inscription de la peine au casier judiciaire, vont faire appel, a-t-on appris jeudi après de leurs avocats, confirmant une information de la Voix du Nord.

Sanction pénale et disciplinaire

L’avocat de la partie civile, maître Théophile de Weirdt, s’est dit pour sa part satisfait de cette condamnation, souhaitant envoyer un message de « vigilance sur le phénomène malheureux des violences policières », qui doivent être dénoncées quand elles se produisent.

« Il y a la volonté de la part du tribunal de statuer disciplinairement. Il y a un mélange des genres », a fustigé l’avocat du premier prévenu, maître René Despieghelaere, pour qui « le pénal doit rester au pénal, le disciplinaire au disciplinaire ».

Maître Patrick Delbar, conseil du second mis en cause, a également dénoncé le fait qu'« aujourd’hui, les tribunaux ont décidé de s’approprier le pouvoir disciplinaire parce qu’ils ne font plus confiance aux organes disciplinaires des professions ».

Sous l’objectif des caméras de surveillance

Le 4 juin 2020, les deux fonctionnaires avaient interpellé un homme à Tourcoing, dehors après 22h, en « violation de son contrôle judiciaire », selon Me Despieghelaere. Une fois au commissariat, l’homme aurait tenu « des propos outrageants ». Les deux policiers l’ont alors « molesté » dans les couloirs, « des bousculades à plusieurs reprises », sous les caméras de vidéosurveillance qui n’enregistrent pas le son.

« Ce n’était pas un passage à tabac », a estimé Me Despieghelaere, expliquant que dans l’esprit des prévenus, « ça ne relevait pas d’un excès » et que par conséquent, ce n’était pas la peine de le mentionner dans le PV.

« Il y a eu quelques coups de poing. Ils ont dérapé […] à partir du moment où vous avez donné des coups, vous n’allez pas faire un PV pour le dire, sinon vous vous dénoncez », a, en revanche, argué Me Delbar.

Le parquet avait requis huit mois de prison ferme sous bracelet électronique et interdiction définitive d’exercer dans la fonction publique, avec inscription au casier judiciaire.