Affaire Delphine Jubillar : Pourquoi son mari va-t-il (re)demander à sortir de prison ?

ENQUETE Cédric Jubillar est en prison depuis le 18 juin, soupçonné par les enquêteurs du meurtre de sa femme Delphine. Ce mercredi, ses trois avocats vont demander aux juges d’instruction de le remettre en liberté

Hélène Ménal
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Cédric Jubillar, le 12 juin 2021, lors d'une marche blanche pour Delphine.
Cédric Jubillar, le 12 juin 2021, lors d'une marche blanche pour Delphine. — Fred Scheiber - AFP
  • Les avocats de Cédric Jubillar vont déposer ce mercredi une demande pour que les magistrats chargés de l'enquête sur la disparition de sa femme Delphine le remettent en liberté.
  • Les défenseurs trouvent notamment anormal que le plaquiste n’ait toujours pas été entendu depuis sa mise en examen et son placement en détention le 18 juin.
  • Delphine Jubillar, une mère de famille tarnaise de 33 ans, n’a plus donné signe de vie depuis la nuit du 15 au 16 décembre 2020.

Voilà plus de deux mois que Cédric Jubillar est à l’isolement dans une cellule de la maison d’arrêt de Seysses, près de Toulouse. Comme l’a révélé mardi Le Parisien, ses avocats doivent déposer ce mercredi une demande pour qu’il quitte sa prison. « Il ne s’agit d’une nouvelle demande de remise en liberté, précise à 20 Minutes Jean-Baptiste Alary, l’un des trois défenseurs du plaquiste de 34 ans. La première fois, nous avions fait appel de son placement en détention. » Une requête repoussée le 8 juillet par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse. La nouvelle procédure d’appel préparée pour demain s’adresse en premier lieu aux juges d’instruction en charge du dossier.

La première motivation des avocats est que leur client n’a toujours pas été entendu par les magistrats depuis sa mise en examen pour « meurtre sur conjoint » le 18 juin. « Il n’a toujours pas été convoqué et, d’après ce que nous comprenons, il ne le sera pas avant le mois d’octobre, explique Jean-Baptiste Alary. On ne laisse pas quelqu’un en détention pendant des mois sans qu’il soit entendu. »

L’argument d’analyses tardives de la couette

D’autres motifs de la demande tiennent au fond du dossier. Notamment à la fameuse couette qui recouvrait le canapé où dormait l’infirmière depuis que la rupture du couple était consommée et que les gendarmes ont aperçue dans la machine à laver le matin où le mari a signalé sa disparition. « Les résultats d’analyse de la couette et du siphon de la machine ne sont toujours pas au dossier. Et pour cause, nous nous sommes aperçus que ces éléments présentés comme à charge au mois de juin n’ont été envoyés à l’analyse qu’en juillet », s’étonne le défenseur.

Il affirme que lui et ses deux confrères sont « acharnés ». Si leur plaidoirie ne porte pas dans le cabinet des juges, la demande va suivre un long processus qui pourrait très bien se terminer par une nouvelle audience devant la chambre de l’instruction.

Delphine Jubillar, 33 ans et mère de deux enfants, s’est volatilisée de son domicile de Cagnac-les-Mines (Tarn) dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Elle souhaitait divorcer pour s’installer avec un amant dont elle avait fait la connaissance durant l’été et l’enquête a révélé que son mari était au courant de cette liaison. Depuis le début, Cédric Jubillar nie farouchement toute implication dans la disparition de son épouse. Cette dernière n’a pas laissé la moindre trace.