Gérald Darmanin signale à la justice un site internet antisémite, une enquête ouverte à Paris

HAINE EN LIGNE Le ministre de l’Intérieur espère que sa dénonciation entraînera des poursuites pénales contre le site « Ils sont partout »

M.F avec AFP
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Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé mardi 10 aout qu'il allait dénoncer à la justice un site antisémite
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé mardi 10 aout qu'il allait dénoncer à la justice un site antisémite — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Après avoir dénoncé la pancarte antisémite portée par une enseignante lors d’une manifestation anti-pass sanitaire à Metz, Gérald Darmanin s’en est pris ce mardi au site internet « Ils sont partout ». Sur cette plateforme : une cartographie de personnalités de confession juive ou présentées comme telles. « Ce site antisémite est profondément scandaleux et nauséabond. Je signale ces faits, susceptibles de recevoir une qualification pénale, au procureur pour que des poursuites soient engagées contre ses auteurs et le faire fermer au plus vite », a écrit le ministre de l’Intérieur sur Twitter.

« Les hébergeurs et les responsables des réseaux sociaux doivent prendre leurs responsabilités », a-t-il tweeté agissant en application de l’article 40 du code de procédure pénale, qui impose à toute autorité ayant connaissance d’un crime ou d’un délit de le signaler à la justice. « On regarde comment agir aussi » sur ces plateformes, précise-t-on dans l’entourage du ministre.


Le site signalé à de nombreuses reprises sur Pharos

Peu après la publication de ce tweet, le parquet de paris a réagi. « Le pôle haine en ligne du parquet de Paris, saisi ce (mardi) matin par un signalement de la plateforme Pharos, diligente ce jour une enquête du chef de provocation à la haine, à la discrimination, à la violence à raison de la religion et de diffamation publique à raison de la religion », a-t-il indiqué. Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP).

De nombreux signalements ont été envoyés dans la matinée à Pharos – plateforme permettant aux internautes de signaler des contenus Internet qui leur semblent illicites –, qui indiquait à la mi-journée que cette cartographie « avait été signalée à de très nombreuses reprises ».

Une référence à un journal collaborationniste et antisémite

Le site visé par Gérald Darmanin affirme présenter un « recensement dûment vérifié de personnalités françaises et internationales », en fonction de leur appartenance au monde politique, des médias, de la culture et de l’économie. Chacune d’elles est associée à une photographie et une courte biographie.

Le site est également associé à plusieurs liens vers des comptes sur les réseaux sociaux, notamment le russe VKontakte, l’américain – ultraconservateur et conspirationniste – Gab, le « Google russe » Yandex, ou encore sur la messagerie instantanée Telegram. Le nom « Ils sont partout » est une référence à l’hebdomadaire Je suis partout, principal titre de presse collaborationniste et antisémite en France sous l’occupation nazie (1940-1944).