Roundup : Bayer perd en appel face au couple accusant son désherbant de leur avoir donné un cancer

POLEMIQUE La société pharmaceutique et agrochimique allemande fait face à des milliers de poursuites judiciaires aux Etats-Unis

M.F avec AFP
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Le géant allemand Bayer a perdu un appel en justice aux Etats-Unis contre une décision statuant que son désherbant Roundup provoquait des cancers, ce lundi 9 aout 2021.
Le géant allemand Bayer a perdu un appel en justice aux Etats-Unis contre une décision statuant que son désherbant Roundup provoquait des cancers, ce lundi 9 aout 2021. — ALLILI MOURAD/SIPA

Nouveau revers pour le géant allemand. Une cour d’appel de San Francisco a de nouveau statué sur le fait que le désherbant Bayer, le Roundup, provoquait des cancers. Lundi, elle a donc rejeté l’appel de la société agrochimique et confirmé un jugement de 2019 en faveur d’un couple affirmant être tombé malade après avoir utilisé le fameux produit pendant des années.

En revanche, la cour a confirmé la décision d’un juge de réduire très fortement le montant de la compensation accordée par le jury au couple Alva et Alberta Pilliod. Initialement établie à 2 milliards de dollars, elle a été abaissée à 86,7 millions.

Le glyphosate, classé « cancérogène probable »

Depuis le rachat en 2018 de l’agrochimiste américain Monsanto, producteur du Roundup, Bayer affronte une salve de procédures aux Etats-Unis. Mardi, il s’est dit « respectueusement en désaccord avec la décision de la cour » de San Francisco, qui ne s’appuie, selon lui, sur aucune preuve tangible. « Nous continuons à défendre fermement l’innocuité du Roundup, une position soutenue par quatre décennies de données scientifiques approfondies et les évaluations des principaux organismes de réglementation sanitaire du monde entier qui soutiennent son utilisation sûre », a déclaré un porte-parole du groupe. Bayer a précisé que « Monsanto étudiera ses options juridiques dans cette affaire ».

Le glyphosate, principal composant du Roundup, est néanmoins classé comme « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans son arrêt, le juge a déclaré que Monsanto avait fait preuve d’un « refus intransigeant d’informer le public » sur les dangers d’un produit qu’elle a rendu largement disponible dans les quincailleries américaines. « Monsanto savait que les études soutenant l’innocuité du Roundup n’étaient pas valides lorsque les Pilliod ont commencé à pulvériser du Roundup dans leur jardin, sans gants ni équipement de protection, incités par les publicités télévisées », affirme le jugement.

Bayer coule sous les indemnisations

Plombé par ces procédures, Bayer a subi une perte nette de 2,3 milliards d’euros au deuxième trimestre. Le groupe a en effet passé des provisions supplémentaires de 4,5 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros) pour faire face aux poursuites. Il avait signé en juin 2020 un large accord de plus de 10 milliards de dollars pour mettre fin aux quelque 125.000 plaintes. Mais un juge américain a rejeté en mai une partie de ce plan, qui aurait limité le coût des futures réclamations en recours collectif. Selon le juge, l’accord ne protège pas suffisamment les intérêts des personnes qui ont utilisé le Roundup avant février 2021 et n’ont pas encore été diagnostiquées d’un lymphome non hodgkinien, un cancer du système lymphatique.

En mai, un tribunal de San Francisco a par ailleurs confirmé une condamnation contre Bayer à payer 25 millions de dollars de dommages et intérêts à un retraité de Californie, Edwin Hardeman, diagnostiqué d’un lymphome non hodgkinien en 2015. Mardi, Bayer a indiqué que Monsanto prévoyait de « déposer une requête auprès de la Cour suprême des États-Unis ce mois-ci » dans cette affaire.