Pancarte antisémite : L’enseignante jugée en septembre pour « provocation à la haine raciale »

ENQUETE La garde à vue de cette ex-candidate FN aux législatives de 2012, avait été prolongée de 24 heures ce mardi

M.F avec AFP
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Les manifestation anti-pass sanitaire avaient rassemblées plus de 237.000 personnes partout en France samedi 7 aout 2021.
Les manifestation anti-pass sanitaire avaient rassemblées plus de 237.000 personnes partout en France samedi 7 aout 2021. — LETELLIER ROBIN/SIPA

Interpellée lundi, l’enseignante accusée d’avoir brandi lors d’une manifestation contre le pass sanitaire une « pancarte au message manifestement antisémite », sera jugée le 8 septembre, a annoncé mardi le parquet de Metz. « Elle y répondra du délit de provocation publique à la haine raciale par affiches ou placards », a précisé, dans un communiqué, le procureur de la République de Metz, Christian Mercuri. Elle encourt un an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.

Le parquet de Metz avait ouvert dimanche une enquête, conduisant à l'interpellation de cette femme de 34 ans dans la commune d'Hombourg-Haut en Moselle. Le domicile de cette ex-candidate FN aux législatives de 2012 avait également été perquisitionné et sa garde à vue prolongée de 24 heures ce mardi.

« Connue pour son appartenance à la mouvance d’extrême droite »

L’affaire remonte à samedi. Une photo de manifestation à Metz est largement partagée sur les réseaux sociaux. On y voit l’enseignante brandir fièrement un écriteau sur lequel est écrite la question « mais qui ? ». En guise de réponse : les noms de plusieurs responsables politiques, hommes d’affaires et intellectuels, juifs pour la plupart.

« Connue pour son appartenance à la mouvance d’extrême droite », selon le procureur, cette dernière a déclaré aux enquêteurs s’être débarrassée de la pancarte, selon une source proche du dossier.

Une pancarte « abjecte »

Le panneau a suscité un tollé dans la classe politique et les organisations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait dénoncé dimanche une pancarte « abjecte » et promis que ce geste ne resterait pas « impuni » : il a lui-même annoncé lundi sur Twitter l’interpellation de la jeune femme. Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a, lui, annoncé qu’elle serait « suspendue en attendant les suites disciplinaires ».

De leur côté, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et la Licra ont annoncé leur intention de porter plainte. Enfin, SOS Racisme a dit « étudier » la possibilité de poursuites judiciaires.