Seine-Saint-Denis : Un juteux trafic de faux pass sanitaire sur Snapchat démantelé à Villepinte

INFO «20 MINUTES» Selon les premiers éléments de l’enquête, plus de 200 faux pass sanitaires ont été vendus en quelques semaines

Caroline Politi
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Le QR Code d'un pass sanitaire.
Le QR Code d'un pass sanitaire. — Mourad ALLILI/SIPA
  • Ce mardi, quatre personnes – trois femmes et un homme – ont été condamnées par le tribunal correctionnel de Bobigny à des peines allant jusqu’à 18 mois de prison pour un trafic d’attestations de vaccination.
  • Une jeune femme délivrait de vrais pass sanitaires à des personnes non vaccinées. Celles-ci étaient recrutées par sa sœur et un complice, depuis l’Espagne, via l’application Snapchat.
  • Les investigations se poursuivent pour identifier les bénéficiaires des vrais-faux pass sanitaires.

Vrai pass sanitaire pour faux vacciné. Selon nos informations, quatre personnes – trois femmes et un homme – ont été condamnées, lundi, par le tribunal correctionnel de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, à des peines allant jusqu’à 18 mois de prison pour un trafic d’attestations de vaccination. Plus de 200 documents tout à fait valides auraient été vendus à des non-vaccinés, indiquent des sources concordantes.

L’enquête, menée par la sûreté territoriale de Seine-Saint-Denis, débute en fin de semaine dernière après un signalement de la Caisse d’assurance maladie : elle soupçonne une employée du « vaccidrive » de Villepinte d’avoir délivré deux pass sanitaires à un couple qui ne s’est pourtant jamais présenté dans le centre de vaccination. La jeune femme qui travaillait à la saisie et à l’édition de ces certificats avait déjà éveillé, quelques jours auparavant, l’attention de ses collègues qui l’avaient surprise en train de consulter une liste de numéros de Sécurité sociale, précise une source policière.

Deux complices identifiés

Placée en garde à vue, le 23 juillet, la contractuelle a reconnu avoir délivré les deux pass frauduleux… ainsi que 200 autres au cours des précédentes semaines. Selon ses déclarations, elle aurait commencé à émettre ces documents – bientôt nécessaires pour aller au restaurant, au cinéma ou exercer certaines professions – à la demande d’un complice vivant en Espagne et de la sœur de ce dernier. Ils étaient notamment chargés de jouer les intermédiaires en recrutant des réfractaires à la vaccination sur Snapchat. Egalement placé en garde à vue, le couple qui a éveillé les soupçons de l’Assurance maladie a confirmé avoir vu passer sur le réseau social une annonce proposant le pass pour 200 euros.

Lors des perquisitions, les enquêteurs ont découvert 6.320 euros en liquide chez l’employée du centre, 760 euros dans sa voiture ainsi que 20 attestations. 10.000 euros ont également été retrouvés chez la sœur de son complice. Mais selon une source policière, les bénéfices du trafic pourraient s’élever à près de 40.000 euros.

Jugée lundi en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Bobigny, l’employée a été condamnée à 18 mois de prison, dont douze ferme, une peine aménageable sous bracelet électronique. Elle devra également s’acquitter de 10.000 euros d’amende. La sœur de son complice a été condamnée à un an avec sursis et 3.000 euros. Quant au couple, la femme a été condamnée à deux mois avec sursis et 1.500 euros d’amende : les investigations ont, en effet, permis de déterminer qu’elle avait commandé une vingtaine de pass pour en faire bénéficier ses proches. Son mari, qui n’avait commandé un pass «que» pour son usage personnel, a écopé de 1.500 euros

Un mandat d’arrêt a également été délivré à l’encontre de leur complice en Espagne. Les investigations se poursuivent pour identifier les bénéficiaires des vrais-faux pass sanitaires.