Bordeaux : L’un des plus gros barons français de la drogue maintenu en détention jusqu’à son procès, en septembre

TRAFIC DE STUPEFIANTS Il a été interpellé en mars à Dubaï après dix ans de cavale 

20 Minutes avec AFP
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La maison d'arrêt de Gradignan, près de Bordeaux.
La maison d'arrêt de Gradignan, près de Bordeaux. — UGO AMEZ/SIPA
  • Un quadragénaire suspecté de trafic de drogues doit être jugé début septembre à Bordeaux.
  • Il avait demandé à être libéré avant le procès mais la cour d’Appel de Bordeaux vient de refuser sa demande.
  • En 2015, il a été condamné en son absence à 20 ans de prison et un million d’euros d’amende pour trafic de stupéfiants.

Il restera à la maison d’arrêt de Gradignan, près de Bordeaux, jusqu’à son procès prévu les 1er et 2 septembre. La cour d’appel de Bordeaux a maintenu ce vendredi en détention un des plus importants trafiquants de drogue français, Moufide Bouchibi, interpellé en mars à Dubaï et qui demandait sa « libération immédiate » , a-t-on appris auprès du parquet général. Une décision qui confirme le jugement du 6 juillet du tribunal correctionnel, qui évoquait notamment un « risque de fuite à l’étranger ».

« Une extradition déguisée » ?

Surnommé « Mouf », cet homme de 41 ans, originaire de l’Essonne réclamait sa « libération immédiate » au motif qu’il avait été remis le 12 mai à la France de manière irrégulière, « en dehors de toute procédure d’extradition » et « en méconnaissance » d’une convention d’extradition liant la France aux Emirats arabes unis. « C’est une extradition déguisée », qui visait à éluder les règles d’une telle procédure, souvent longue, selon son avocat Thomas Bidnic. « Il semble qu’il n’y a pas eu de demande d’extradition. Or, une telle décision était indispensable à l’exercice de toutes mesures coercitives à son encontre », a-t-il expliqué. Dans leur jugement du 6 juillet, les magistrats écrivaient qu’une procédure d’extradition n’avait pas « concrètement été mise en œuvre à l’aune de la convention bilatérale d’extradition » entre les deux Etats, a-t-il rappelé.

Avant d’être interpellé, Moufide Bouchibi avait été en cavale pendant plus de dix ans. Il était visé par un mandat d’arrêt international depuis qu’il avait été condamné, en son absence, en 2015 à Bordeaux, à 20 ans de prison et un million d’euros d’amende. Il était entré dans le trafic de stupéfiants à grande échelle en s’associant au début des années 2000 avec un Alsacien, Sophiane Hambli, dit « la Chimère ».

Sofiane Hambli, toujours recherché par la police, est connu pour avoir été un informateur de la police au cœur d’une retentissante affaire qui avait mis en lumière les pratiques controversées de l’ex-patron de la lutte antidrogue, François Thierry.