Procès Haurus : L’ancien agent de la DGSI condamné à sept ans de prison dont deux avec sursis

PROCES L’ancien brigadier de police de 35 ans avait reconnu avoir vendu des informations confidentielles sur Internet

M.F avec AFP

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Haurus, l'ancien agent de la DGSI a été condamné jeudi 22 juillet 2021 à sept ans de prison.
Haurus, l'ancien agent de la DGSI a été condamné jeudi 22 juillet 2021 à sept ans de prison. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Prison ferme pour « Haurus ». Cet ancien agent de la DGSI avait été jugé mi-juin lors d’un procès de quatre jours pour avoir vendu des informations confidentielles sur le darknet. Ce jeudi, le tribunal correctionnel de Nanterre l’a condamné à sept ans de prison dont deux avec sursis. Cet ancien brigadier de police de 35 ans était poursuivi pour une dizaine de chefs d’inculpation. Reconnu coupable de l’ensemble des faits, il est reparti menotté de la salle d’audience. Sa peine n’est pas aménageable « afin de prévenir » de nouveaux faits et il a l’interdiction définitive d’exercer dans la fonction publique, a déclaré la juge lors du délibéré.

Lors de son procès, il avait reconnu la majorité des faits qui lui sont reprochés, notamment d’avoir vendu des informations tirées de fichiers de police protégés. Il avait cependant assuré ne plus être la même personne, un « voyou » qui a « sombré par facilité » et avait agi uniquement par appât du gain.  Le parquet avait requis sept ans de prison contre lui avançant que ce dernier avait « trahi la République ».

Un « individu dénué de sens moral et de scrupules »

Lors de l’audience le mois dernier, « Haurus » avait expliqué avoir commencé ses activités illicites sur le darknet pour « mettre du beurre dans les épinards » puisqu’il était endetté. Il les a petit à petit diversifiées en vendant, contre une rémunération en bitcoins, des données confidentielles extraites de fichiers de police auxquels il avait accès : identités, adresses, géolocalisations téléphoniques, faux documents administratifs… Avant de se mettre à fabriquer de faux chèques.

Selon l’accusation, il aurait effectué 382 recherches illégitimes et facturait ses services entre 100 et 300 euros. Autant de « preuves accablantes », selon la procureure Catherine Denis qui avait alors dépeint un « individu dénué de sens moral et de scrupules ». Haurus avait cependant rappelé qu’il n’avait pas vendu d’informations tirées de la base de renseignement de la DGSI, « Cristina », et qu’il avait simplement utilisé des fichiers auxquels tous les policiers ont accès.

Trois ans de prison pour son complice

Son compagnon, qui était accusé d’être son complice, a lui été condamné à trois ans dont deux avec sursis mais relaxé du chef de complicité. Un de ses clients, jugé à ses côtés – un homme connu dans le milieu du banditisme marseillais –, a, lui, été condamné à trois ans de prison avec mandat de dépôt « compte tenu des antécédents judiciaires ». Il avait demandé à « Haurus » de lui donner des informations permettant de localiser plusieurs personnes, dont certaines ont été retrouvées mortes.

Ce volet de l'affaire, toujours en cours d'instruction à Marseille, vaut à « Haurus » une autre mise en examen pour corruption passive et association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes en bande organisée.