Mantes-la-Jolie : Un cinquième policier mis en examen après qu’un homme a eu les mains brûlées dans un fourgon

ENQUETE En novembre 2017, un jeune homme interpellé a été menotté contre un chauffage défectueux dans un fourgon de police. Brûlé aux mains, il a subi deux greffes

F.H. avec AFP

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Un policier tenant des menottes. (Illustration)
Un policier tenant des menottes. (Illustration) — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA

Des brûlures aux deuxième et troisième degrés après avoir eu les mains menottées contre un chauffage défectueux dans un fourgon de police. C’est le calvaire vécu par un jeune homme de 27 ans, en 2017, à Mantes-la-Jolie ( Yvelines). Dans cette affaire, un cinquième policier a été mis en examen début mai, a appris jeudi l’AFP auprès du parquet de Versailles.

« Plus les mises en examen tombent plus le dossier prend en épaisseur et commence à rendre difficile à croire la thèse de l’infraction involontaire », estime Me Calvin Job, avocat du jeune homme blessé. Avant la mise en examen pour blessures involontaires ayant entraîné une incapacité supérieure à trois mois de ce policier de 31 ans, quatre autres de ses collègues – âgés de 26, 35, 37 et 38 ans – avaient été mis en examen précédemment.

« L’erreur vient de l’administration », selon un syndicat policier

Le 7 novembre 2017, un homme âgé de 27 ans interpellé pour outrage dans le quartier populaire du Val-Fourré avait eu les mains menottées contre un chauffage défectueux à l’intérieur d’un fourgon de police l’emmenant au commissariat, provoquant de graves brûlures aux deuxième et troisième degrés. Il a depuis subi deux greffes de peau et une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à trois mois lui a été prescrite. Il est « actuellement à 80 % handicapé », a précisé son avocat.

« Il n’y a pas eu de manquement » de la part des policiers, assure Julien Le Cam, représentant du syndicat Alliance dans les Yvelines. « Mes collègues ne sont pas médecins, dès qu’ils ont constaté que l’individu était blessé, ils ont fait appel aux pompiers. C’est le camion qui n’était pas équipé d’une grille de protection. L’erreur vient de l’administration qui n’a pas bien équipé le véhicule », a-t-il affirmé.