Val-d’Oise : Trois policiers mis en examen pour avoir infligé 27 décharges de pistolet électrique à un jeune homme

VIOLENCES POLICIERES Les trois hommes auraient infligé la trentaine de décharges électriques lors d’un contrôle survenu en janvier dans la commune de Cormeilles-en-Parisis, dans le Val-d’Oise

20 Minutes avec AFP

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Taser - photo d'illustration
Taser - photo d'illustration — © Rafael Ben-Ari/Chameleons Eye/Newscom/SIPA

Vingt-sept décharges de taser en dix minutes. C’est ce qu’a subi un jeune homme de 19 ans à Cormeilles-en-Parisis, dans le Val-d’Oise, en janvier. Ce sont trois policiers du groupe de sécurité de proximité d’Argenteuil (GSP) qui lui ont infligé. Les trois agents ont été mis en examen pour «  violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique » et placés sous contrôle judiciaire. Le chef de la brigade qui a utilisé le pistolet a été interdit d’exercer dans le cadre de son contrôle judiciaire.

Les faits se sont produits le 29 janvier dans un hall d’immeuble à Cormeilles-en-Parisis. Une patrouille de cinq policiers du GSP d’Argenteuil tente de contrôler un groupe de jeunes dont la plupart s’enfuient. L’un d’entre eux est rattrapé par un fonctionnaire de police, son téléphone est fouillé. L’un des agents tombe sur une photo d’un policier de la BAC d’Argenteuil « en bas résille et maquillé ».

Un jeune homme traumatisé

La victime raconte la suite : il « s’énerve » et « me dit "t’aimes bien la police ?" et me met un coup de patate et 27 coups de taser ». Sur sa plaie au visage, un policier « verse du gel hydroalcoolique et du Doliprane en poudre » et l'« abandonne » dans le hall de l’immeuble, raconte le jeune homme encore traumatisé par le déchaînement de violence.

Il est aidé de ses amis pour rentrer chez lui puis se rendra avec sa mère au commissariat d’Argenteuil pour déposer plainte. « On a attendu des heures pour prendre ma plainte. Les policiers ont fait croire à ma mère que j’avais du stup' », détaille le jeune homme. L’enquête a démontré que le pistolet à impulsion électrique utilisé par le brigadier en chef a été mis en marche 27 fois en dix minutes, selon une source proche du dossier.

« Ce sont des délinquants qui ont infiltré la police »

Lors d’une confrontation, « l’un des policiers va passer aux aveux et reconnaît les violences de son supérieur hiérarchique », poursuit cette source. « Ce qui s’est passé est inadmissible, déplore l’avocat de la famille Ian Knafou. Il y a des violences commises par des policiers qui sont des individus dangereux. Ce sont des délinquants qui ont infiltré la police. »

Selon l’avocat, « la difficulté dans ces affaires est que la parole des victimes de ces violences n’a aucun poids : il y a une présomption de mensonge dans leurs propos alors qu’il y a une présomption de vérité dans celle de la police ». « S’il n’y avait pas eu le témoignage du collègue [policier] et l’analyse du taser, cette affaire comme toutes les autres auraient été classées sans suite », regrette Me Knafou.