Meurtre de Patricia Bouchon : Condamné à 20 ans de prison en appel, Laurent Dejean se pourvoit en cassation

PROCES Condamné en appel à 20 ans de réclusion criminelle, le 9 juillet dernier, pour le meurtre de Patricia Bouchon en 2011, Laurent Dejean se pourvoit en cassation

B.C.

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La cour d'assises juge jusqu'au 29 mars le meurtrier présumé de Patricia Bouchon, Laurent Dejean.
La cour d'assises juge jusqu'au 29 mars le meurtrier présumé de Patricia Bouchon, Laurent Dejean. — B. Colin / 20 Minutes
  • Le 9 juillet, Laurent Dejean a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Patricia Bouchon.
  • Le 14 février 2011, à Bouloc, près de Toulouse, cette mère de famille de 49 ans avait disparu alors qu’elle faisait son jogging matinal. Son corps était retrouvé 45 jours après sa disparition.
  • L’avocat de Laurent Dejean, mis en examen quatre ans après le meurtre, a annoncé qu’il avait formé un pouvoir en cassation.

Y aura-t-il un troisième procès dans l’affaire Patricia Bouchon ? C’est en tout cas l’espoir de la défense de Laurent Dejean, condamné le 9 juillet dernier à 20 ans de réclusion criminelle en appel pour le meurtre de cette mère de famille en février 2011. Dans une tribune publiée dimanche, son avocat, a indiqué qu’il avait formé un pourvoi en cassation.

Dans un texte intitulé « Le procès de la mauvaise réputation ou le triomphe de la présomption de culpabilité », Maître Karim Chebbani évoque « une erreur judiciaire » où « il ne s’agissait pas d’œuvrer pour la manifestation de la vérité mais pour la consécration d’une vérité, choisie, construite ».

Patricia Bouchon, secrétaire dans un cabinet d’avocats toulousain, avait disparu alors qu’elle faisait son jogging tôt le matin du 14 février 2011 à Bouloc, au nord de Toulouse. Des affaires à elle, ainsi que des traces de sang et des cheveux avaient été retrouvées dans une impasse le lendemain. Son corps avait été découvert 45 jours plus tard, caché dans une buse.

La Clio déterminante

Quatre ans après le meurtre, Laurent Dejean, un plaquiste de la commune, avait été interpellé et mis en examen en raison d’un faisceau d’indices « graves et concordants ». Le portrait-robot d’un homme conduisant une Clio croisée par un témoin près de l’impasse le jour du meurtre avait été déterminant. « Il faut ici comprendre ou tenter d’admettre que l’essentiel de ce procès repose sur cette question automobile singulièrement jugée déterminante par les enquêteurs », déplore l’avocat ajoutant que « ce véhicule, dont aucun lien n’est fait avec la scène de crime, ne pourrait-il pas être simplement un véhicule de passage, nullement vecteur d’un crime ? ».

En 2019, Laurent Dejean avait été condamné en première instance à 20 ans de prison, malgré la demande de relaxe de l’avocat général « faute de preuves ». En appel, la représentante du ministère public avait requis 20 ans de prison contre lui.