Marseille : De lourdes peines, allant jusqu’à 18 mois de prison ferme, pour des marchands de sommeil

HABITAT INDIGNE Le tribunal correctionnel de Marseille jugeait plusieurs affaires d’habitat indigne

20 Minutes avec AFP
— 
Immeuble insalubre - Illustration.
Immeuble insalubre - Illustration. — POUZE/SIPA

Deux propriétaires d’appartements indignes dans les 3e et 5e arrondissements de Marseille ont été condamnés ce mercredi par le tribunal correctionnel de Marseille à des peines de 10 et 18 mois de prison ferme.

Vivant en région parisienne, Georgette Tohouo, 60 ans, écope de la peine la plus lourde pour mise en danger de la vie d’autrui, avec une peine de dix mois de prison ferme, à laquelle a été ajoutée une peine antérieure de huit mois de prison avec sursis. Elle doit aussi acquitter une amende de 10.000 euros.

Elle avait acquis en 2007 deux appartements dans un immeuble dégradé du 3e arrondissement de Marseille, l’un des quartiers les plus pauvres d’Europe. Elle avait acquis un T1 pour 19.000 euros et un T3 dont elle n’a pas donné le prix d’achat. Le 22 novembre 2018, le plancher d’un de ses appartements s’était effondré et les toilettes étaient passées à travers. Elle n’avait pas réalisé les travaux nécessaires et ne réglait que partiellement ses charges de copropriété.

Evacuation en urgence

De son côté, Chadi Younes, 46 ans, a été condamné à deux ans de prison dont un an ferme, à 50.000 euros d’amende et à une interdiction d’acquérir un bien immobilier pendant cinq ans. Cet ostéopathe marseillais propriétaire d’une quarantaine de logements, jugé pour mise en danger, dégradation d’appartements dans le but d’en faire partir leurs occupants et pour ne pas s’être conformé à ses obligations de relogement.

Le 29 octobre 2018, une semaine avant l’effondrement de deux immeubles rue d'Aubagne, en plein cœur de Marseille, qui avait provoqué la mort de huit personnes, le bâtiment dont est propriétaire Chadi Younes avait été évacué en urgence après la rupture d’une poutre maîtresse et la chute d’une partie de la toiture.

D’autres jugements sont attendus dans des affaires d’habitat indigne.