Bretagne : Un commandant de sous-marin anglais convoqué dans l’affaire du naufrage du Bugaled-Breizh

NAUFRAGE Le bateau de pêche breton avait coulé subitement au large des côtes anglaises en 2004

C.A.
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L'épave du "Bugaled Breizh" remorquée jusqu'au port de Brest le 13 juillet 2004
L'épave du "Bugaled Breizh" remorquée jusqu'au port de Brest le 13 juillet 2004 — FRED TANNEAU FILES
  • En 2004, le chalutier breton Bugaled-Breizh avait sombré en trente-sept secondes au large des côtes anglaises.
  • L’enquête n’a jamais permis d’élucider l’origine de ce naufrage mais les regards se tournent vers les sous-marins en exercice ce jour-là dans la Manche.
  • Le commandant d’un sous-marin anglais sera convoqué à l’automne dans le cadre de l’enquête menée en Angleterre.

Voilà plus de dix-sept ans que le Bugaled-Breizh a sombré subitement au large des côtes anglaises, emportant à jamais cinq marins basés à Loctudy, dans le Finistère sud. Jamais élucidé, ce naufrage fait l’objet de plusieurs hypothèses. La plus probable est celle du crochetage par un sous-marin en opération dans ce secteur. C’est en tout cas celle défendue par les familles des marins disparus et la seule qui puisse expliquer comment ce solide bateau de pêche a pu sombrer en trente-sept secondes.

L’enquête ouverte en France s’étant soldée par un non-lieu, c’est désormais en Angleterre que les derniers espoirs des familles reposent. Ce lundi, elles ont repris espoir en apprenant que le commandant d’un sous-marin anglais serait entendu à l’automne par la justice lors de l’inquest, la procédure anglaise, rapporte Le Télégramme.

La version du sous-marinier contestée

Ce 15 janvier 2004, Andrew Coles l’assure, son sous-marin HMS Turbulent était à quai à Devonport, son port d’attache. Une version contestée par plusieurs témoins, qui ont affirmé que l’engin nucléaire d’attaque n’était pas présent ce jour-là. Et qu’il serait même revenu légèrement abîmé d’après certains médias.

Un officier français avait également semé le doute en affirmant qu’il devait effectuer des manœuvres avec un appareil anglais. « Au moment du petit-déjeuner, un message est arrivé à bord, nous informant que l’exercice était annulé à la suite d’une avarie de notre partenaire du jour. Ce dernier avait déjà pris le cap de son port d’attache afin de procéder aux réparations », avait-il déclaré.

Le secret-défense impossible à briser

Mis hors de cause par la justice française, le sous-marin anglais pourrait être le principal suspect du naufrage du chalutier breton. D’après Le Télégramme, l’avocat des victimes souhaiterait demander des photos satellite de cette journée du 15 janvier 2004 afin de confirmer, ou non, la présence du sous-marin ce jour-là.

Au moins deux exercices impliquant des sous-marins se tenaient ce jour-là dans les eaux de la Manche. L’enquête française n’aura jamais pu démontrer si l’un des appareils avait pu être à l’origine du naufrage, se heurtant trop souvent au secret-défense. Pendant ce temps, les familles des cinq marins disparus restent sans réponse. La procédure qui se tiendra à l’automne en Angleterre représente leur dernier espoir de connaître la vérité.