Prise illégale d’intérêts : L’un des portables d’Eric Dupond-Moretti saisi lors de la perquisition au ministère de la Justice

INFO « 20 MINUTES » Les magistrats de la Cour de justice de la République ont effectué une perquisition au ministère de la Justice, jeudi.

Vincent Vantighem
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Bobigny, le 8 juillet 2020. Eric Dupond-Moretti arrive au tribunal de Bobigny en compagnie de Jean Castex.
Bobigny, le 8 juillet 2020. Eric Dupond-Moretti arrive au tribunal de Bobigny en compagnie de Jean Castex. — MARTIN BUREAU / AFP
  • Eric Dupond-Moretti est visé par une enquête de la Cour de justice de la République pour des soupçons de « prise illégale d’intérêts ». Il est soupçonné de se servir de son statut de ministre pour régler des comptes avec certains magistrats.
  • Jeudi, le ministère de la Justice a été perquisitionné pendant quinze heures. Les enquêteurs ont notamment saisi des documents et des téléphones portables dont l’un de ceux appartenant à Eric Dupond-Moretti.
  • L’ancien ténor des barreaux pourrait être prochainement convoqué. Il risque une mise en examen.

Ils ne sont donc pas repartis les mains vides… Selon nos informations, les magistrats de la Cour de justice de la République qui ont perquisitionné, jeudi, le ministère de la Justice ont saisi l’un des téléphones portables d’Eric Dupond-Moretti. Le garde des sceaux est visé par une enquête pour « prise illégale d’intérêts ».

Il est soupçonné de s’être servi de son statut de ministre pour régler ses comptes avec d’anciens magistrats du parquet national financier avec qui il avait eu maille à partir dans le dossier « des écoutes de Paul Bismuth » lorsqu’il était avocat. Et également avec le juge Édouard Lavrault, auquel il s’était opposé par le passé.

Des serruriers et des coffres-forts

Après plusieurs plaintes déposées par des syndicats de magistrats mais aussi par l’association anticorruption Anticor, la Cour de justice de la République a ouvert une information judiciaire pour « prise illégale d’intérêts ». C’est dans ce cadre qu’une perquisition a eu lieu, jeudi de 9h à minuit, place Vendôme, dans les locaux du ministère de la Justice.

Selon nos informations, les enquêteurs, accompagnés d’une vingtaine de gendarmes de la section de recherches de Paris, ont fouillé le bureau du ministre mais aussi celui de sa directrice de cabinet, son secrétariat particulier et les bureaux de la direction des affaires criminelles et des grâces (DACG).


Ils ont également fait appel aux services de serruriers pour ouvrir, à l’aide d’une meuleuse, des coffres-forts placés dans la bibliothèque du ministre et dont personne ne retrouvait les clefs. S’ils n’ont rien trouvé à l’intérieur, ils ont récupéré, selon nos informations, des documents dans les bureaux visités. Et ont donc saisi plusieurs téléphones portables dont l’un de ceux appartenant à Eric Dupond-Moretti lui-même. Ce qui peut « possiblement » poser des problèmes de sécurité nationale, selon son entourage contacté par 20 Minutes.

L’enquête s’accélère

Alors que l’ancien ténor des barreaux est en poste depuis un an tout pile, cette enquête semble s’accélérer. Selon nos informations, le Premier ministre Jean Castex a été auditionné, le 7 juin, par les magistrats de la CJR en qualité de témoin. Le directeur des services judiciaires, Paul Huber, a lui aussi été auditionné.

Selon plusieurs sources, Eric Dupond-Moretti pourrait être convoqué prochainement. Il risque une mise en examen pour « prise illégale d’intérêts ». Un événement qui serait susceptible de perturber la fin du mandat d’Emmanuel Macron.