Outreau : 20 ans de prison pour l'animateur qui violait des enfants de 3 à 6 ans

PROCES La Cour d’assises du Pas-de-Calais a condamné à 20 ans de réclusion criminelle un ancien animateur jeunesse accusé de viols et d’agressions sexuelles sur des enfants à Outreau entre 2015 et 2017

20 Minutes avec AFP
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Illustration de la Justice.
Illustration de la Justice. — M.Libert / 20 Minutes

Ce vendredi, un animateur jeunesse a été condamné à vingt ans de prison par la Cour d’assises du Pas-de-Calais pour des viols et agressions sexuelles sur des enfants de 3 à 6 ans. Les faits s’étaient déroulés entre 2015 et 2017, dans la tristement célèbre ville d’Outreau.

L’ancien animateur, aujourd’hui âgé de 33 ans, a été condamné à vingt années de réclusion criminelle. Cette peine a été assortie d’une période de sûreté de 11 ans. L’homme a été reconnu coupable de viols et d’agressions sexuelles sur 13 enfants, 12 garçons et une fille, commis alors qu’il était animateur dans un centre socioculturel et employé dans des écoles d’Outreau. Il a en revanche été relaxé des faits d’agression sexuelle sur une enfant, qu’il a toujours niés. Il a également été condamné pour consultation et détention d’images pédopornographiques, notamment des vidéos de ses actes filmés par sa propre caméra.

La mairie d’Outreau n’avait pas réagi

Décrit par ses collègues comme « discret et professionnel », l’animateur avait néanmoins été surpris à deux reprises, enfermé avec un enfant dans une salle de classe. Alertée, la mairie d’Outreau n’avait pas réagi. « Une défaillance hallucinante », s’est ému Me Benoist, l’avocat de l’association La Voix de l’Enfant. Pour lui, le signalement « aurait dû suffire à enquêter. Au lieu de ça, on va permettre à cet homme de poursuivre ses agressions pendant quatorze mois. »

A l’audience, le prévenu avait affirmé avoir agi par « pulsion ». Il avait ajouté que « cette attirance pour les garçons de moins de 10 ans, je ne l’ai pas choisie ». « Qu’a-t-il fait pour lutter contre ses pulsions ? Rien. Il a organisé sa vie et fait en sorte de ne travailler qu’auprès d’enfants de 4 à 6 ans. Parce qu’il sait très bien que ceux-là seront sous influence », a répliqué Me Benoist.

Treize victimes, mais « combien n’ont pas encore parlé ? »

Les jurés l’ont condamné à la peine maximale encourue, suivant les réquisitions de l’avocat général. S’appuyant sur les conclusions de l’expert psychiatre, pour qui l’accusé présente « un risque de récidive difficile à exclure », la Cour a également prononcé une peine de suivi sociojudiciaire pendant une durée de 12 ans, avec injonction de soins et interdiction de contact avec les mineurs.

Le procès a également permis d’affirmer le statut de victimes de 13 des 14 enfants parties civiles. « Mais les investigations ont montré qu’il avait côtoyé 1.366 enfants pendant sa carrière. Combien n’ont pas encore parlé ? », s’interroge Isabelle Pauwels, l’un des avocats des parties civiles.