Affaire Troadec : « Pour des sommes comme ça, on éradique des familles… », lance Hubert Caouissin dans un enregistrement

ASSISES Un enregistrement datant de juillet 2014 est venu éclairer ce jeudi le quadruple meurtre, trois ans plus tard, de la famille Troadec, jugé par la cour d'assises de Loire-Atlantique

20 Minutes avec AFP
— 
Le procès Troadec à la Cour d'assises de Nantes.
Le procès Troadec à la Cour d'assises de Nantes. — Sebastien SALOM-GOMIS / AFP
  • Ce jeudi midi, un enregistrement datant de juillet 2014 une discussion de la famille Troadec, est venu donner un éclairage supplémentaire au quadruple meurtre, qui est trois ans plus tard jugé par la cour d’assises de Loire-Atlantique.
  • La réunion familiale avait vocation à évoquer le « magot » d’or prétendument volé par Pascal à sa mère Renée, mais dont personne n’a jamais vu la trace.
  • Hubert Caouissin est extrêmement agressif durant cette discussion.

Des paroles qui font froid dans le dos. « Pour des sommes comme ça, on éradique des familles » : un enregistrement glaçant de juillet 2014 est venu éclairer jeudi le quadruple meurtre, trois ans plus tard, de la famille Troadec, jugé par la cour d’assises de Loire-Atlantique. Évoqué à plusieurs reprises depuis le début du procès, cet enregistrement du 5 juillet 2014, diffusé jeudi midi, met en scène les principaux protagonistes de l’affaire :  Hubert Caouissin, jugé pour le quadruple meurtre de sa belle-famille, et sa coaccusée et ancienne compagne Lydie Troadec, mais aussi le frère de cette dernière Pascal Troadec et sa compagne Brigitte, et enfin Renée Troadec, mère de Pascal et Lydie.

Hubert Caouissin est accusé d’avoir tué Brigitte et Pascal (49 ans) et leurs enfants Charlotte (18 ans) et Sébastien (21 ans) à coups de pied de biche à leur domicile d’Orvault, près de Nantes, dans la nuit du 16 au 17 février 2017. Dès ce 5 juillet 2014, la violence des échanges, les cris, donnent une idée de la tension qui régnait, trois ans avant les crimes, au sein de la famille Troadec. La réunion familiale avait vocation à évoquer le « magot » d’or prétendument volé par Pascal à sa mère Renée, mais dont personne n’a jamais vu la trace. « J’estime que j’ai le droit à la moitié de ce que vous avez pris », lance Renée à Pascal et Brigitte, dans une ambiance tendue d’emblée. « Maman, qu’est-ce qu’on t’a piqué ? », répond son fils, interloqué. « Soit vous n’y êtes pour rien et vous n’avez rien à craindre. Soit vous avez quelque chose à vous reprocher et alors tant pis pour vous », lâche Hubert Caouissin.

« Pour des sommes comme ça, on éradique des familles… »

Le ton monte très vite, Pascal reprochant de manière très virulente à Hubert et Lydie de les traiter de « voleurs ». « Pourquoi tu t’énerves si tu n’as rien à te reprocher », lui demande Lydie. Puis s’ensuit une série de hurlements, de bruits de chaises et de bousculades. « Tu sais Pascal que pour des sommes comme ça on éradique des familles sans problème, tous, tous, tous… », lance Hubert quelques minutes après. « De quelle source, tu sais qu’il y a de l’or », lui demande Pascal. « Je le sais », répond Hubert sur un ton très affirmatif.

Au bout de trois ans d’enquête, aucun élément n’a permis d’attester l’existence de cet or. « Objectivement, Pascal et Brigitte semblent absolument ne rien comprendre à ce que vous leur racontez », fait remarquer la présidente à l’accusé. « Pour moi, ils font semblant de ne rien comprendre », affirme encore ce dernier jeudi.